Le décès subite de la célèbre journaliste Liliane Pierre-Paul en début de semaine éclipse le débat sur la proposition du Kenya de prendre la tête de la force multinationale appelée à venir au chevet d’Haïti, pays pris en otage par des gangs armés qui sèment le deuil et asphyxient l’économie. Les Etats-Unis et le Canada accueillent favorablement la proposition kényane. La République dominicaine, très active dans le lobby pour la prise en charge de la crise haïtienne par la communauté internationale, s’en réjouit. Le Premier ministre Ariel Henry et son ministre des Affaires étrangères, Jean Généus, ont déjà publiquement souhaité la bienvenue au Kenya. Il ne reste que le vote du Conseil de sécurité des Nations-Unies pour entériner la proposition kényane.

Dans un contexte où les pays ne se bousculent pas pour diriger une force armée internationale en Haïti, où Haïti s’enfonce de jour en jour dans la violence et l’ingouvernabilité, il est compréhensible que la proposition kényane soit bien accueillie par les voisins d’Haïti. Si certains voient en ce pays d’Afrique de l’est un borgne qui veut conduire un aveugle, d'autres voient en lui un bon choix dans la mesure qu’il confronte à des problèmes semblables à ceux d’Haïti. Il viendra comme en territoire connu.