Lionel Saint-Éloi, cette figure tutélaire de l’artiste pluridisciplinaire à Carrefour-Feuilles, est tombé malade depuis le jour où il a quitté sa maison, son atelier de travail, son monde peuplé de ses enfants et petits-enfants, tous des artistes vivant à l’impasse Saint-Éloi, une voie publique,  – à quelques encablures de la station de production d'électricité de Saïeh  –  qui porte son nom. C’est avec une voix triste que Duckens Saint-Eloi (Zikiki) du groupe Yizra’el à prévenu le journal que son père a les pieds qui gonflent. Au moment où il nous fournit cette information, il signale qu’on est venu chercher le malade pour l’emmener, ce mardi matin, à l’hôpital.

Zikiki, batteur, chanteur et enseignant, comme tous les enfants de ce patriarche, a la fibre artistique. Il raconte que Saint-Éloi n’entendait nullement laisser son petit monde.  Bien que le silence, bien que la solitude soit devenue un luxe comme l’or pour un créateur, dans ce quartier vulnérable, l’enseignant, qui a transmis son savoir à toute une génération de disciples, voulait rester dans cet espace peuplé de tant et tant de souvenirs cristallisés dans les œuvres d’art.