Les murs enduits de fumée, le discret crépitement d’un reste de brasier, des cadavres abandonnés dans des quartiers vidés après l’assaut des gangs, l’angoisse terrifiante, le spectre de la mort, la fuite dans le désarroi avec un baluchon pour tout bagage…, constituent la trame de tant de vies à Port-au-Prince, la capitale d’Haïti.

Hier Solino. Aujourd’hui Nazon. Port-au-Prince se rétrécit, comme l'a écrit Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste cette semaine. Du jour au lendemain, des vécus s’effondrent comme un château de cartes. 85 % de la capitale sont passés sous le contrôle des gangs. C’est l’ONU qui le dit. Avant c’était 80 %. Le mal est en métastase. Les bandits se mettent en scène. Ils savourent leurs forfaits. Ils distillent et amplifient la terreur. Avec ou sans antennes accueillantes pour « expliquer » leurs intentions et projets que tous voient et vivent. Depuis des années. C’est une politique de terreur, de destruction, de terre brûlée. De rançonnement de ce qui reste d’activités commerciales sur le littoral, le transport de carburant, de produits de première nécessité, entre autres.