Le 7 février 2025 est dans trois semaines. Pour le Conseil présidentiel de transition (CPT), les signataires et les non-signataires de l’accord du 3 avril, la population haïtienne et les partenaires internationaux, un compte à rebours sera lancé. L’absence de progrès notoires dans l’atteinte des objectifs de la transition : sécurité, conférence nationale, référendum, élections générales, sera actée. L’on évaluera sans doute l’usage du temps fait par le CPT. Le temps mis à manœuvrer, à évincer un PM, à se donner un autre, plus doucereux, le temps honteux des combines qui décrédibilise, le temps passé à faire le dos rond en gardant dans son sein des conseillers inculpés de corruption. La fin, fort probable, des caresses dans le sens du poil, s’accompagnera d’une question fondamentale. Le CPT, le gouvernement Fils-Aimé, le CEP seront-ils capables d’assurer les conditions sécuritaires, politiques, techniques pour la réalisation d’un référendum, d’élections générales dans les 10 à 12 prochains mois et remettre le pouvoir à des autorités élues, légitimes, le 7 février 2026 ? 

Les conditions sécuritaires pour la tenue d’élections dans les départements les plus peuplés, l’Ouest et l’Artibonite, n’existent pas en ce mois de janvier 2025. Il y a des conflits ouverts pour le pouvoir entre le CPT et des parties prenantes ayant désigné des membres au CPT. Certaines parties prenantes ont dénoncé un coup d’Etat contre l’accord du 3 avril. Il y a d’autres acteurs politiques qui observent des positionnements intéressés d’acteurs au pouvoir, censés leur donner des avantages en cas ou lors des prochaines élections. Lavalas et alliés, PHTK et alliés se regardent en chiens de faïence. Des Tet Kale rêvent d’un retour en grâce grâce à des soutiens au sein de l’administration Trump. Entre Lavalas et les républicains, il n'y a jamais eu de lune de miel. Le pays, encore une fois, est coincé dans cette binarité du pire. Il est extrêmement difficile d’ignorer le résultat de l’exercice du pouvoir de Lavalas et PHTK, les deux mouvances politiques ayant dominé l’échiquier ces dernières décennies. Alors que chaque jour de 2025 doit compter et que chaque jour gaspillé mettra un peu plus devant l’évidence de l’échec des hommes, des femmes et de cette formule de transition, il faut s’inquiéter d’une autre chose. Les contentieux non vidés à cause du coup d'État contre l’accord du 3 avril, rendront probablement plus difficile un nouvel accord politique pour changer de formule ou pour octroyer une extension à l’équipe au pouvoir. Sauf surprise, il n’y aura pas foule au ponton pour envoyer des bouées de sauvetage au CPT.