Faut-il ou non fêter le carnaval en cette année 2025 ? Le débat fait rage alors qu’approchent les trois jours gras. Qu’on soit pour ou contre, qu’il ait lieu en certaines régions du pays et pas dans d’autres, que le bizarre attelage qui tient lieu de gouvernement maintienne ou non son projet de « Carnaval national » à Fort-Liberté importe peu dans cette réflexion. C’est que, même réduit à une idée, ou à une hypothèse, le carnaval aura bien rempli une de ses fonctions essentielles, celle de proposer à la société une image révélatrice d’une facette refoulée d’elle-même. Image forcément quelque peu déformée, comme le sont toujours celles réfléchies par les miroirs grossissants. Caricaturales ou excessives, peut-être, mais pas mensongères pour autant.

Faut-il ou non célébrer le carnaval malgré les viols et violences, incendies, destructions et carnages qui s’additionnent et s’intensifient de semaine en semaine depuis près de cinq ans ? Les dénombrements macabres, dans l’Artibonite, le département de l’Ouest et particulièrement la zone métropolitaine justifient-ils qu’on porte atteinte aux traditions (immuables ?) et aux possibilités de détente, de plaisir ou, pour reprendre un mot galvaudé, de défoulement de la population des huit autres départements ?