Sur le théâtre tragique qu’est notre pays, les dirigeants doivent jouer leur rôle avec plus de sagesse et de perspicacité. Dans la soirée du 1er mars 2025, un contingent de police baptisé task force s’est lancé à l’assaut du repaire de Jimmy Chérizier. A cette occasion, le Premier ministre Fils-Aimé a fait montre de désinvolture. Incapable de brider sa fébrilité, il se carra prématurément dans une attitude triomphante. Le coup d’éclat annoncé se termina dans la grisaille car Barbecue in fine manqua au tableau. Il est important pour sa crédibilité que le chef de gouvernement revienne à une plus saine appréciation de la réalité. Loin d’apaiser l’humeur assassine des chefs de gangs, l'offensive avortée de samedi soir a suscité un débordement de violence verbale du porte-parole de la coalition Viv Ansanm, assaisonné de menaces de représailles, dont les victimes expiatoires seront certainement les franges les plus précaires de la population.
Les fracas des temps que nous vivons demandent, outre un sens élevé des priorités, une politique de communication moins clivante. Blâmer publiquement le commandement de la PNH pour les fautes commises dans la lutte contre l’insécurité sans penser à se les attribuer en partie, en qualité de chef du CSPN, comme l’a fait le chef du gouvernement il y a quelques semaines, c’est tenter de se dégager des entraves de l’impuissance en dénonçant un bouc émissaire et de recouvrir les échecs répétés d’un semblant de volonté d’en découdre. Quand on n’a pas le pouvoir de révocation, on s’assied d’abord autour d’une table pour négocier avec ceux qui en sont investis au lieu de la renverser, sous peine de perdre prestige et autorité.






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