L’abandon, le renoncement, la lâcheté et l’obstination à différer les actions robustes, décisives pour affronter et solutionner des problèmes cruciaux, ont été l’apanage des responsables politiques, des élites depuis un certain temps. Ici, souvent, l’on voit les « pete kouri » au lieu des « pete goumen » pour résoudre des problèmes que le temps finit toujours par aggraver. Les exemples ne manquent pas.

Après le séisme du 12 janvier 2010, c’était le « pete kouri » pour s’établir ailleurs parce que les responsables de la sécurité publique avaient abandonné le centre-ville de Port-au-Prince. Beaucoup de commerces ont déménagé à Pétion-Ville, à Delmas, à Tabarre et ailleurs dans des quartiers jadis résidentiels. Ils ont survécu, choisi d’avancer, sans attendre l’État indigne et sans vision, connu pour son incurie et son profond nombriliste. Le centre-ville de Port-au-Prince, après sommets et moults colloques aux titres ronflants et racoleurs, a été laissé à des gangs qui, au fil des ans, des alliances avec des politiques de tous bords et des gens d’affaires, se sont renforcés.