Le rapport du groupe d’expert, créé par la résolution 2653 (2022) du Conseil de sécurité, a indiqué dans un rapport au conseil qu’en 2024, on a dénombré quelque 7 342 personnes assassinées (6 281 hommes,117 garçons, 884 femmes et 60 filles). Plus de 3 660 de ces assassinats ont eu lieu entre juillet et décembre 2024. En outre, quelque 2 017 Haïtiens ont été enlevés (1 249 hommes, 44 garçons, 687 femmes et 37 filles). Selon ce rapport, « en 2024, au moins 423 personnes ont été tuées lors d’attaques collectives commises par le gang dénommé Bwa Kale ». « Bon nombre de ces attaques ont également été perpétrées par des groupes d’autodéfense, ce qui témoigne d’une situation désastreuse où les populations se font elles-mêmes justice », a souligné le rapport des experts de l’ONU qui a égrené des exemples sur des « violations généralisées des droits humains continuent de se produire en Haïti » , incluant des exécutions extrajudiciaires imputées à la PNH.

Le 3 octobre 2024, Luckson Elan (HTi.007), chef du gang Gran Grif, a lancé des assauts sur Pont-Sondé, dans la commune de Saint-Marc (département de l’Artibonite), faisant une centaine de morts et 16 blessés. Au moins cinq cas de viol (dont un sur personne mineure) ont été enregistrés. Les massacres ont également contraint plus de 6 000 personnes à fuir leurs foyers. L’attaque lancée contre Pont-Sondé a déclenché des violences entre membres de gangs, groupes d’autodéfense et éléments non organisés. Le 11 décembre 2024, Gran Grif a tué 70 personnes à Petite-Rivière-de-l’Artibonite, après qu’un groupe d’autodéfense a lynché 39 personnes accusées de collusion avec le gang les 9 et 10 décembre 2024. Entre le 11 et le 19 novembre 2024, les gangs de Viv Ansanm ont attaqué plusieurs localités de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, telles que Pernier, Nazon ou Vivy Mitchell, pour tenter de s’emparer de Delmas et de Pétion -Ville. Enguise de riposte, des habitants et des groupes d’autodéfense ont érigé des barricades et lynché les membres présumés des gangs. Les violences ont fait au moins 220 morts et 92 blessés et provoqué le déplacement de près de 41 000 résidents. Pour le seul mois de novembre 2024, la violence des gangs à Port-au-Prince et dans les environs a contraint plus de 40 000 personnes à prendre la fuite », selon ce rapport.

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