Il n’y a pas photo. Haïti va mal. Très mal. 16 000 morts violentes de 2022 à septembre 2025, des milliers de blessés, 1,3 millions de déplacés, 5, 7 millions de personnes en insécurité alimentaire dont 1 million d’enfants en situation critique, sept ans de récession économique, un tissu de production ravagé, des actifs immobiliers ayant subi des destructions comparables à un séisme dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, le bas Artibonite et dans le bas Plateau central.

Le pays -- la grande majorité de ses 11,9 millions d’habitants --, si l’on use d'une métaphore empruntée du jargon médical, est comme un polytraumatisé dont le pronostic est engagé. Ce tableau clinique, par rapport à l’urgence, et au risque du pire sans une soutien international urgent, pour reprendre l’alerte de Volker Turk, haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, commande des actions rapides, déterminantes, robustes et pour s’affranchir aussi du piège de l’urgence, structurante.