Le directeur de la Dinepa, l’ingénieur Théophile Ostivil, interrogé par Le Nouvelliste sur une étude révélant des niveaux élevés de plomb dans le sang d’habitants du centre-ville de Port-au-Prince, a garanti que ses abonnés reçoivent une eau avec le niveau normal de ce métal lourd. Il a souligné d’un autre côté que la grande majorité des habitants de la zone métropolitaine s’approvisionnent auprès de sources non contrôlées par ses services. « 80 % de la population de la région métropolitaine de Port-au-Prince s’approvisionnent auprès de sources d’eau qui ne sont pas sous le contrôle direct de la DINEPA », a confié l’ingénieur Ostinvil.

« La DINEPA a pris connaissance de l’information faisant état de la présence de traces de plomb dans le sang de patients vivant dans la Région métropolitaine de Port-au-Prince (RMPP). Toutefois, étant donné que la consommation d’eau peut constituer une source potentielle, parmi d’autres, d’ingestion de métaux lourd, la DINEPA tient à préciser que, dans le cadre du service public de distribution d’eau potable, les échantillons prélevés et analysés par notre laboratoire ne présentent pas de concentrations dépassant les limites acceptées et/ou recommandées par les normes en vigueur de l’OPS/OMS ; soit 10 microgrammes par litre (µg/L) pour le plomb (Pb) », a répondu le directeur général de la DINEPA, interrogé par Le Nouvelliste.

« Il convient de noter qu’au niveau de la RMPP, l’eau distribuée par la DINEPA provient principalement de deux sources : Elle provient d'abord de captages directs de sources situées dans les hauteurs, acheminées par gravité vers la population ; elle provient ensuite de forages atteignant la nappe captive, ce qui réduit considérablement les risques de contamination externe. En outre, a poursuivi le directeur général de la DINEPA, dans le cadre de la construction de nouvelles infrastructures hydrauliques, la DINEPA exige systématiquement des fournisseurs une Attestation de Conformité sanitaire (ACS) garantissant le respect des normes en vigueur pour tous les matériaux, pièces et accessoires hydrauliques utilisés ».

« Il est toutefois important de souligner qu’aujourd’hui, sur environ 80 000 abonnés recensés dans la RMPP, seuls près de 40 000 sont effectivement desservis par la DINEPA, en raison de la conjoncture actuelle. Cela signifie qu’environ 80 % de la population de la RMPP s’approvisionne auprès de sources d’eau qui ne sont pas sous le contrôle direct de la DINEPA, mais plutôt d’autres entités ou de systèmes informels », a-t-il souligné.

« Il est également vrai que la Plaine du Cul-de-Sac est soumise à une forte pression environnementale, due notamment aux dépôts sauvages et aux activités non contrôlées. Ces activité ont des impacts considérables sur les puits artisanaux largement utilisés par les habitants pour leur approvisionnement en eau », a confié le directeur général de la DINEPA, Théophile Ostinvil. Il en a profité pour informer que la DINEPA dispose actuellement d’un laboratoire au Centre technique d’Exploitation de la RMPP, qui est limité aux analyses physico-chimiques et bactériologiques. « Ce laboratoire, a-t-il ajouté, est en cours de modernisation afin d’accroître sa capacité et sa performance. »