Le bas Artibonite est à nouveau le théâtre de violence. Sur les réseaux sociaux, les gangs mettent en scène leurs exactions. Les images partagées, comme toujours, ont un air de déjà vu, de déjà fait, et confirment la permanence d’une terreur que rien ne tempère, ni ne combat. Le chef de Gran grif, Luckson Élan, avant les violences ayant éclaté à Pont-Sondé depuis le 25 novembre, avait prévenu de ses intentions de verser du sangs, d’incendier des maisons à Decode, Labé en représailles à l’interception de munitions d’une valeur de 7,5 millions de gourdes, a expliqué Mme Horace. On a dénombré 10 morts depuis le début de cette nouvelle vague de violence. Il est possible qu’il y ait plus de morts. La Potrie, située en hauteur de Pont-Sondé, n’est pas accessible, a confié au Nouvelliste, ce mercredi 3 décembre 2025, Bertide Horace, une militante des droits humains qui s’est faite des ennemis.

Hier (mardi), la liste des morts confirmé s’est allongée. Trois jeunes hommes ont été abattus. Des bandits de Gran grif s’adressant à ceux de la « coalition » dont un Genève et Ti Mépri, ont revendiqué l’acte. « Ce sont les hommes que vous avez envoyés à Genève », peut-on entendre dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux. Entre-temps, les déplacés, contraints de fuir la violence, craignent de nouveaux affrontements. Sur ces terres où la mort traîne son aiguillon, des convictions sont formées. « Nous vivons dans le bas Artibonite une situation de guerre civile non déclarée », a affirmé Bertide Horace de la Commission de dialogue, de conscientisation pour sauver l’Artibonite.  Pour le moment, il n’y aucune indication de desescalade. Luckson Élan, droit dans ses bottes, prompt à mettre en avant sa supériorité face à la « coalition » a menacé de monter d’un cran dans la terreur, « de faire à Pont-Sondé ce qu’il avait fait à Liancourt ». Il l’a dit sans inhibition dans un message en date du 2 décembre.  Le chef du gang Gran grif de Savien a aussi affirmé que s’il le voulait, il pourrait demander à ses hommes de marcher sur Saint-Marc, la principale ville du bas Artibonite. En évoquant les offensives des criminels de Canaan à Montrouis, il a laissé entendre que Saint-Marc est prise en étau.