Ce qui se laissait deviner est aujourd’hui  connu. Des conseillers-présidents veulent rester au pouvoir au-delà du 7 février 2026. Ils échafauderaient des hypothèses. Leurs pairs, les inculpés de la BNC, des « pestiférés d’office »,  sont écartés du format d’un CPT réduit proposé ici et là. Ces CP auraient mis une sourdine au nationalisme de façade et de circonstances pour la consommation de l’opinion. Après l’esclandre de Fritz Alphonse qui a dénoncé l’ingérence  étrangère, et  l’échec de l’acte 1 du coup de force contre le Premier ministre Alix Didier, des diplomates, présentés comme « le grand méchant blanc », livrés en pâture à la colère fabriquée, instinctive, refusant d’établir l’échelle des responsabilités dans le malheur d’Haiti, ont été dézingués.  

Entre-temps, des diplomates, à la fois punching ball et écran de fumée utilisés pour des conseillers-présidents pour détourner l’attention de l’échec du CPT, sont ceux qui disent ou redisent l’heure, rappellent les dispositions du décret créant le conseil et l’accord du 3 avril 2024. Et les enjeux de la préservation de la stabilité en avançant vers le 7 février et dans l’effort de mobilisation du personnel et des ressources pour la force de répression des gangs qui doit avoir 5500 membres. 18 pays se sont engagés à envoyer du personnel et lundi de cette semaine, selon le Miami Herald, deux pays donateurs, la France et l'Allemagne, ont versé respectivement 3 millions d'euros et 30 millions d'euros supplémentaires à un fonds fiduciaire des Nations Unies destiné à soutenir les troupes déployées. Ces contributions volontaires portent le total des engagements à 151,3 millions de dollars, dont 113,2 millions de dollars ont déjà été perçus. L’avenir d’Haiti se dessine donc tant qu’au pays qu’à l’étranger.