À trois semaines de la fin de son mandat, le Conseil présidentiel de transition (CPT) veut museler la liberté d’expression, acquise au prix de nombreuses luttes. Ses membres ont en effet adopté et publié un décret controversé pour « encadrer la liberté d’expression ». Dans une note publiée le 16 janvier, le Committee to Protect Journalists (CPJ) a appelé les autorités haïtiennes à retirer ce document élargissant les dispositions pénales relatives à la diffamation, estimant que celui-ci constitue une menace sérieuse pour la liberté d’expression et le droit du public à l’information.

Publié sans débat public préalable dans Le Moniteur, le décret affirme que, bien que la liberté d’expression soit garantie par la Constitution, des sanctions pénales, allant jusqu’à trois ans de prison, peuvent être appliquées en cas de diffusion de « contenus illicites ». Le texte prévoit également des peines particulièrement lourdes pour les insultes ou diffamations visant les héros de l’indépendance, les symboles nationaux ou le patrimoine haïtien, avec des amendes élevées et des peines de prison pouvant atteindre vingt ans.