Le décret « encadrant l’exercice de la liberté d’expression, portant prévention et répression des délits de diffamation et de presse » publié dans le journal officiel Le Moniteur, en décembre dernier, pourrait imposer des restrictions indues à la liberté d’expression et criminaliser la critique à l’égard des autorités. Tel est l’avis du Rapporteur spécial pour la liberté d’expression (RSLE) de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) qui exhorte l’exécutif à l’abroger. « Le RSLE exhorte les autorités haïtiennes à abroger le décret, à s’abstenir d’adopter des normes qui restreignent indûment la liberté d’expression et à garantir ce droit en tant que pilier essentiel de la transition démocratique et du rétablissement de la sécurité », lit-on dans un communiqué publié à Washington, ce mercredi.

Ce décret, poursuit le communiqué, menace d’entraver le débat public et la reddition de comptes dans un contexte particulièrement délicat pour le pays, marqué par l’expiration du mandat du gouvernement de transition en février 2026, les difficultés à organiser des élections dans un contexte d’insécurité persistante et le remplacement de la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité par la Force de Répression des Gangs.