Il y a presque cinq ans, le 7 juin 2021, je vous avais signalé un livre fort (Les villages de Dieu d’Emmelie Prophète) sur la situation politique réelle d’Haïti où j’avais demandé à ceux qui s’intéressaient à son cas de fixer leur attention sur les gangs qui pullulent à Port-au-Prince pour comprendre cette désolation qui balaie le pays depuis quelques décennies.

Pour beaucoup d’entre vous c’était la première fois qu’ils découvraient ces meurtriers en action, jusque dans leur intimité. On avait appris que ces villages d’où surgissaient ces monstres ne se différenciaient nullement des autres quartiers voisins où résidaient des populations plus soucieuses de la paix publique.  Au cœur de la violence, on y croisait des mères au four et au moulin, des grands-mères qui vont à la messe, des étudiants qui se font tuer en uniforme, et des chefs de gang bourrés de drogue.