Depuis environ une décennie, Haïti traverse une période de turbulence politique profonde, exacerbée par l’assassinat crapuleux du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021. Il n’y a eu aucune élection depuis ces dix ans. Parallèlement, il y a eu une contraction continue de l’économie nationale durant les sept dernières années. Il s’agit d’une véritable dépression économique avec des répercussions sociales ahurissantes. La crise politique et la dépression économique s’alimentent mutuellement pour plonger le pays dans une crise multidimensionnelle qui affecte à la fois les institutions, la gouvernance du pays et détériore sévèrement les conditions de vie de la population. L’insécurité généralisée et la multiplication des gangs armés ne sont que des expressions de cette double crise.
Ce n’est pas une simple coïncidence. Il existe en réalité un lien de causalité entre la crise politique et la dépression économique. En effet, l’effondrement des institutions politiques affaiblit la capacité de l’État à concevoir et mettre en œuvre des politiques économiques cohérentes et efficaces. L’absence d’élections et la contestation de la légitimité des dirigeants qui en découle réduisent la prévisibilité nécessaire aux investissements, qu’ils soient nationaux ou étrangers. Cette incertitude chronique empêche l’accumulation du capital, freine l’activité entrepreneuriale et accentue la fuite de capitaux et des ressources humaines.





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