Nous écrivons pour un rien. Sur les réseaux sociaux, c’est devenu une maladie. C’est déroutant, et on perd son temps en vaines colères ou polémiques. Il serait temps de penser à réserver toutes ces énergies à ce qui a du sens et de la portée. Essayons, par exemple, d’aborder le cas d’Haïti avec l’aide de John Miller Beauvoir, de façon sereine pour saisir les lignes de tension et les propositions de réformes.
Publié au Québec en 2017 à compte d’auteur et préfacé par Félix Ulloa, l’actuel vice-président du Salvador avec qui l’auteur a travaillé en Haïti pendant des années au sein de l’Institut National Démocratique (NDI), l’ouvrage intitulé ‘‘Démocratie : Mythes et limites. Regard sur l’expérience haïtienne’’ est une synthèse fine et solidement argumentée de l’échec épouvantable de la transition démocratique d’Haïti amorcée avec la Constitution de 1987 et plaide pour un changement radical de système après trois décennies de crises et de malheurs collectifs. Non moins rassurant sur la crise existentielle d’Haïti, cet ouvrage est un pavé dans la mare. La mare de nos faillites et aveuglements. Appelant à l’édification de la ‘‘deuxième république’’ à travers le renouvellement du cadre normatif et constitutionnel régissant le système politique afin d’ériger un État stratégique, serviteur et moderne, John Miller Beauvoir, connu pour son sens du travail bien fait et sa rigueur intellectuelle, se basant sur des théories et des auteurs fondamentaux a fait un diagnostic rigoureux de cette ‘‘démocratie électorale’’ chaotique que constitue le cas haïtien à partir de l’analyse minutieuse des processus électoraux, de la faiblesse des institutions et du rôle déplorable des acteurs économiques, sociaux et politiques, spécialisés en scandales, en crimes et en combine de toutes sortes, sans oublier les dimensions sociales, éthiques et économiques.






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