Pierre Josué Agénor Cadet Il faut le dire haut et fort : plus de deux ans après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, l'aire du Champ de Mars commence à retrouver sa vitalité d'antan. Les places sont presque entièrement vidées. Elles ont partiellement renoué avec leurs vieux démons, les immondices, le kidnapping, la corruption, la prostitution, les trafics, le vol... Mais malheureusement pas avec le commerce décousu. Il faut le dire sans crainte d'être démenti : le temps des loisirs et promenades dans l'aire du Champ de Mars n'est pas loin, les occupants des tentes ou des morceaux de carton, les jeunes délinquants et autres déguisés en victimes du 12 janvier, n'y sont plus. La zone va sûrement cesser d'être une zone que l'on appelait à juste titre zone de non droit. Mais le célèbre marché où régnaient depuis belle lurette les redoutables vivandières et les marchandes de «barbecue » qui animent la vie quotidienne et surtout nocturne occupent encore l'espace au vu de tout le monde, voire des autorités de la mairie de la ville qui constatent perplexes l'existence de maints marchés publics et banques de borlette sur les trottoirs et devant les institutions scolaires. Peut-être le commissaire du gouvernement près le tribunal de la première instance de Port- au- Prince n'est pas encore au courant. Il y a quelques années, lors de son passage à la tête de la mairie de la capitale, Monsieur Joseph E. Charlemagne avait fait disparaître ce grand marché au grand désarroi de ces illustres marchandes et marchands. Mais depuis son départ, ce bel espace de loisir et d'excursion est redevenu un marché anarchique baptisé ''cité des poulets'', un lieu de dégénérescence, de banditisme, de criminalité, de vagabondage, d'oisiveté, de délinquance juvénile et de toutes les affaires louches. Par contre, il y a encore espoir de croire en un changement pour Haïti. Même si l'on peut les compter sur les cinq doigts d'une main, il y a des dirigeants qui ne se contentent pas seulement, comme les autres, de se remplir les poches, souvent avec une gloutonnerie à nulle autre pareille. Le nouveau visage du Champ de Mars est là pour prouver que rien n'est impossible avec la volonté. Avec la libération des places publiques du Champ de Mars, il y a largement espoir de renouer avec la vie facile et tout ce que cela comporte de distraction, de joie et de morale. Mais le plus difficile sera de persévérer dans cette voie et de maintenir ces places propres et sécuritaires. Il faut le dire net : le Champ de Mars se porte mieux avec le relogement de ses occupants. Et avec ce nouveau visage, c'est un nouveau souffle qui annonce déjà le carnaval des fleurs prévu pour la période allant du 27 au 29 juillet 2012. Reste maintenant à le nettoyer et à le réaménager.