La prestation de serment suivie de l’installation des membres du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) le 3 juillet 2012, consacrant l’indépendance de la magistrature par rapport au pouvoir exécutif a été bien accueillie par différents secteurs de la vie nationale. Moins de quinze jours après ce  grand événement, le président de la République entame une nouvelle démarche pour parvenir à la formation du Conseil électoral permanent. Par lettres addressées le 11 juillet en cours aux présidents des deux Assemblées législatives ainsi qu’au président du CSPJ, le chef de l’Etat accorde  un délai de huit jours à ces trois institutions pour acheminer à la présidence les noms de leurs représentants au Conseil électoral permanent.

Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire n’a pas tardé à rendre public un avis de recrutement pour trouver les personnalités qualifiées afin de désigner ses trois représentants à cet organisme électoral prévu par la loi constitutionnelle de mai 2011. Du côté du Parlement, c’est l’inquiétude; si au niveau de la Chambre basse rien n’empêche l’Assemblée de réunir deux tiers de ses membres pour s’accomoder à cette exigence constitutionnelle, nonobstant le mécontentement de la plupart des parlementaires sur le caractère jugé autoritaire de cette lettre adressée aux présidents des deux Chambres par le président de la République, il n’en est pas ainsi pour le Sénat qui est amputé d’un tiers de ses membres depuis le deuxième lundi de mai. Avec la présence de vingt sénateurs en fonction, tout porte à croire qu’en dehors d’un consensus entre l’exécutif et les forces politiques au sein du Sénat, la formation du CEP permanent ne verra pas le jour comme le souhaite le président Michel Martelly.