«Notre devoir à nous, fils authentiques des éternelles victimes de combinaisons internes et externes, est de protester et de crier mensonge!»
Le principe de la souveraineté des petites nations solennellement reconnues, dont Haïti, la nôtre, par les grandes puissances, est rangé dans le magasin démodé des nuées à détruire.
Aussi, nous est-il donné de constater au quotidien, tout au cours de l’Occupation de la mère patrie, le manque de respect de notre charte fondamentale, l’enracinement de mauvaises mœurs, la dégradation de notre société, de notre jeunesse, le «laisser-aller» à tous les niveaux qui choque. Tout ceci, après analyse, est imputable à l’occupation étrangère.
Les vrais responsables et autres se croisent les bras, se livrent plutôt à la lutte pour le pouvoir et assistent impuissants à la destruction morale et physique de la mère patrie. Personne ne dit mot.
Il y en a même qui s’y complaisent dans le but de satisfaire leurs intérêts personnel plutôt que de se regrouper et de travailler honorablement à la désoccupation de la mère patrie, comme si pour eux, les intérêts mesquins personnels recèlent en eux la vertu d’affranchir Haïti de cet état affreux.
Or, partout dans le pays, le souci de sécurité se fait sentir. Tout le monde a peur des spectres hideux de bandits engendrés par cette conjoncture, politique. La constatation se manifeste ces derniers temps au quotidien, où la violence, la pression, le «kidnapping» et l’arbitraire se muent en institutions.
Un silence assourdissant et coupable plane et continue à planer sur la cité, et traverse même l’âme nationale.
Là, l’autorité de l’État pourrait être mise en cause. Car il n’y a pas d’État sans autorité, sans équité, sans prestige national. Hélas ! Nous savons que l’État seul, suivant le système et à travers les autres gouvernements, ne peut rien.
Aussi, faisons-nous des suggestions publiques aux dirigeants du pays, aux dignitaires, à l’université et aux élites haïtiennes (force motrice du pays), aux cadres de ce pays, à la jeunesse, aux princes des Eglises (autorité morale du pays), à la société civile, à la classe politique, aux partis politiques dans leur détermination à outrance pour l’avancement du pays, aux associations des droits humains, aux notables, à la presse parlée, écrite et télévisée, leaders responsables du pays en communication et conscientisation. Qu’ils sont tous priés de faire ce que la raison commande, en vue d’éviter à la nation de cautionner l’inconstitutionnalité dont le pire pourrait en découler, pour dégager le pays de toute ombre, rechercher la route du soleil.
Ce qui importe, c’est la continuité de la vie du pays, le maintien de la sécurité des familles, c’est la fin de cette alarme, chaque jour, grandissante, et qui donne à chacun l’impression qu’il vit dans une jungle, un cauchemar n’a que trop duré.
Enfin, nous ne préconisons d’ostracisme contre personne, mais nous voulons une reconsidération de la norme sociale haïtienne, compte tenu de la position initiale d’Haïti sur l’échiquier internationale.
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