Les caïds ne sont pas des étrangers dans le monde du spectacle. Ici, ils sont des « boss », des « parrains ». Des groupes musicaux leur restituent cette « bienveillance ». Dans des bals, parfois en échange de liasses de billets verts, on scande leurs noms quand ils ne sont pas immortalisés par des chansons à succès. Quand ces truands tombent dans les filets de la police, de la DEA, se suicident…, cela défraie la chronique pendant un certain temps. Et, comme avant, la vie continue même si les gros poissons sont devenus de moins en moins tape-à-l’œil. Ni aveugle ni sourd, Michel Joseph Martelly  a roulé sa bosse et bien tiré son épingle du jeu dans le showbiz. Il s’est fait des amis et des ennemis aussi.

Ce chouchou du compas, en 2011, est parvenu à séduire l’électorat et devenu président de la République. A ce titre, est-ce que le président Michel Joseph Martelly a suffisamment fait pour protéger la présidence ? Certains en doutent. Ceux-là sont prêts à pardonner le président bling-bling, globe-trotteur, conflictuel et champion de l’improvisation, pour qui diriger un pays est aussi simple qu’un solo ou un jam entre potes. Ils croient, comme l'explique l’un d’eux, que l’homme,  dévoué envers ses amis, boute-en-train, adorable… n’est pas parvenu à monter les cloisons étanches pour protéger le président de l’ex-chanteur qui pouvait dans le temps poser pour une photo-souvenir avec la pire des crapules. Cela n’aurait aucune conséquence. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Il ne peut plus être désinvolte et naïf.