Il est temps de déterminer le vrai mobile de ceux qui interviennent dans la vie politique haïtienne! A regarder de loin on peut dire que, - les masses haïtiennes mises à part,- une bonne partie de cette pseudo-élite, - économique et intellectuelle, - est jalouse de Michel Martelly à un point tel que rien ne lui est pardonné, tout est comptabilisé à son passif, question de régler leurs petits comptes avec lui parce qu’il a osé bousculer certains mandarinats. A l’analyse, ces contestations ne sont inspirées que par le dépit causé par le fait de voir un homme imposant un profil politico-social nouveau et mobilisateur et qui n’est pas issu de la classe politique traditionnelle s’élever au timon des affaires de l’Etat par un vote populaire magistral. Ils n’en reviennent pas…
Cette idée m’est venue en constatant le tollé que l’absence du président dans le pays a créé à l’occasion de la célébration de la Bataille de Vertières ! C’est bien en soi ce sursaut de patriotisme ! Tout n’est pas perdu… Mais parmi les intervenants, tous ont-ils le même mobile ? Un certain nombre pense qu’il faut épier les moindres faits et gestes du président, les travestir, leur donner une couleur à faire peur, les diaboliser au possible… D’autres sont sincères ou se laissent entraîner par le chant des sirènes, sans comprendre que ces critiques ont leur propre agenda et qu’ils ne sont pas aussi sincères, aussi patriotes qu’ils voudraient le laisser paraitre !
L’année dernière, par exemple, Vertières a été fêté par le Président de la République, avec une pompe, un éclat que cette commémoration n’avait connu depuis 25 ans. Pourtant, on se le rappelle, le chef de l’Etat avait subi les foudres de certains sénateurs et aspirants politiciens prétendants au trône pour avoir renoué avec la belle tradition de célébrer Capois-la-Mort et les autres preux du 18 novembre 1803. Cet élan de patriotisme l’avait rendu immédiatement suspect. Parce que les patriotes ne sont plus aimés en Haïti. Pour l’accabler, on revisitait son discours de circonstance et on y inscrivait toutes sortes d’intentions et d’idées qui en dénaturaient le message patriotique explicitement délivré.
Combien de fois au cours de ces vingt-cinq dernières années Vertières a été simplement un jour férié comme n’importe quel autre jour férié. Beaucoup de ceux qui s’égosillent ces jours-ci contre l’absence en ce 18 novembre 2012 du Premier mandataire de la nation, présentée par eux comme un impair patriotique, ont applaudi le retour des marines le 19 septembre 1994, palmes à la main, et trouvé normal que, pendant 25 ans, la commémoration de la Bataille de Vertières ait été banalisée. On ne doit pas oublier que certains des grands ténors contestataires de l’heure sont allés jusqu’à admettre publiquement que l’indépendance nationale n’a été que le fait du hasard. Aussi donc, la crédibilité et la sincérité des discours tenus se mesurent à l’aune des comportements antérieurs de beaucoup de ceux qui les débitent. Les faux-semblants, la démagogie ne sont que des miroirs aux alouettes auxquels seuls les faibles d’esprit se laissent prendre.
L’imposture de certaines prises de position étant établie, ne devrait-on pas rechercher sereinement, intelligemment les mobiles qui ont porté le Chef de l’Etat à être hors du territoire national en ce 18 novembre 2012.
La dynamisation en cours de la présence d’Haïti sur la scène internationale commandait que le président Martelly réponde à l’invitation à lui faite de participer au Sommet des chefs d’Etat et chefs de gouvernement qui se tenait à Cadix au cours de la période du 18 novembre. La participation haïtienne à ces assises élargit les possibilités pour notre pays d’accroître le nombre de partenaires avec lesquels nous pouvons avoir de fructueux échanges économico-culturels. Et les relations avec les pays ibéro-américains déjà amis s’en ressentiront renforcées.
Rappelons que l’Espagne qui patronne ce sommet est actuellement le troisième bailleur en matière d’aide au développement de la République. Et à ce sommet ibéro-américain, nous avons tout le club latino-américain comme le Venezuela, le Brésil, l’Argentine, et j’en passe, qui assiste significativement Haïti que ce soit dans le domaine des infrastructures ou en matière d’aide à l’éducation et autres….
L’invitation adressée à Haïti de participer à ce sommet est un succès diplomatique qui devait être exploité. L’admission de notre pays franco et créolophone dans ce club ouvert aux Etats de la langue espagnole ou portugaise nous installe encore plus confortablement dans ce dialogue Sud-Sud qui, selon certains analystes, ouvre des voies novatrices de développement.
Le voyage du président Martelly à Cadix témoigne donc, contrairement à ce que d’aucuns se plaisent à avancer, du souci du chef d’Etat d’explorer les voies et moyens habilitant notre pays à entreprendre une marche en avant irréversible. Il se lit comme s’inscrivant dans le processus de relance de tous les compartiments de la vie nationale, particulière dans le domaine diplomatique considéré comme un des créneaux ouvrant sur des perspectives d’élargissement de nos capacités d’échanges internationaux.
Aux néopatriotes à qui, comme saint Paul sur le chemin de Damas, le Saint Esprit fait maintenant découvrir les valeurs de notre histoire, je conseillerais de travailler à faire revivre l’esprit civique. Ainsi nous éviterons beaucoup d’erreurs et errements que les beaux parleurs du moment ont, il n’y a pas trop longtemps, commis.
Commençons, par exemple, à montrer aux enfants à aimer leur drapeau…Des gestes simples comme la montée des couleurs chaque jour saluée avec ferveur dans les écoles et les casernes nous aideront à davantage comprendre la geste sublime de nos grands ancêtres. Et ainsi, sans attendre la date du 18 novembre, nous communierons quotidiennement dans le souvenir de Capois-la-Mort et de ses sublimes compagnons.
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