Le président de la République et le Premier ministre claironnent que des élections auront bien lieu cette année. La communauté internationale s'époumone à les réclamer. La Constitution de la République les prescrit noir sur blanc (nous sommes en retard sur les délais). Les élections en 2013 n'existent pas encore sous la forme d'intentions claires, voire en termes de calendrier précis.
Oyez !
La classe politique ne les exige pourtant pas. Les partis, particules et mouvements politiques et revendicatifs se font tout petits. Leur murmure est inaudible et le peu que l'on puisse dire, c'est que personne ne réclame à cor et à cri la tenue des prochaines élections. Pas pressés ou en embuscade, les politiciens attendent le moment propice pour entrer dans le jeu.
Même le fameux parti du président Michel Martelly, qui devait prendre la relève de la plateforme politique Peyizan, tarde à sortir des limbes. Ses limiers parcourent les quatre coins du pays, séduisent, examinent et recrutent, mais ce n'est pas encore une machine prête pour les élections. Même si, au dernier carnaval du Cap-Haïtien, on a vu le président de la République arborer un T-shirt avec la photo d'un futur candidat pour le poste de sénateur dans le Nord, la fièvre électorale ne fait pas bouillir d'impatience dans le camp de la présidence.
Pour ce qui est de la constitution du Conseil électoral permanent, machine indispensable à la tenue des joutes, nous tombons jour après jour de Charybde en Scylla.
Les parlementaires, après des mois de tergiversations, ergotent au sein de la commission bicamérale enfin constituée. La route s'annonce ardue avant un accord entre sénateurs de l'opposition et députés de la majorité présidentielle pour désigner les trois représentants du Parlement au sein du CEP.
La présidence, suite au dernier accord trouvé, doit nommer ses nouveaux représentants ou confirmer les anciens au sein du Conseil électoral. Rien n'est fait pour clarifier la situation depuis la signature de l'accord en décembre dernier.
Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), lui, se débat dans un imbroglio parfait. Au lieu de trois membres, il aligne six qui, tous, croient être dans leur bon droit de représenter le pouvoir judiciaire au sein du CEP.
Dernier coup de théâtre en date, la présidence a rendu publique jeudi l'existence d'une lettre signée du président du CSPJ, Me Anel Alexis Joseph, informant le président Michel Martelly de l'incapacité dudit conseil à trouver une issue favorable à la crise qui sévit au sein de cette institution, eu égard à la désignation de ses trois membres actuellement installés et en fonction au CEP.
Dans cette lettre reçue le lundi 18 février 2013 au palais national, le président du Conseil a, par ailleurs, sollicité formellement du président de la République son intervention, afin d'aider le pouvoir judiciaire à sortir de cette impasse.
Le président aura donc beau jeu pour choisir ou peser sur la désignation de beaucoup de membres de ce Collège transitoire du Conseil électoral permanent. Dans l'histoire de cette institution indépendante inventée par la Constitution de 1987, à chaque fois que le pouvoir a clairement la part du lion, les élections ne sont pas de tout repos...
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