Le président de la République, Michel Martelly, le Premier ministre Laurent Lamothe, le ministre des Affaires étrangères Pierre-Richard Casimir et des accompagnateurs ont pris l'avion jeudi pour assister aux funérailles de Hugo Chavez à Caracas vendredi. La délégation officielle haïtienne est aussi lourde que le chagrin. Imposante comme le regret, dans le cortège des dignitaires qui prendront part aux cérémonies, la délégation haïtienne va se faire remarquer. Dans une rare unanimité, tous les présidents haïtiens se sont exprimés sur le décès de Chavez sans cacher leur admiration pour le chantre du Bolivarisme. Le président Jean-Bertrand Aristide, le jour de l'annonce de la mort, le président Michel Martelly, le lendemain personellement, en conférence de presse au Palais national, le président René Préval, à sa sortie d'une audition au tribunal deux jours plus tard, tous les présidents passés et celui en charge y sont allés de leur couplet sur l'amitié et le respect. Au Cap-Haïtien, jeudi soir, une veillée symbolique a été organisée pendant que Port-au-Prince, sans président, sans Premier ministre, assiste par médias interposés aux dernières heures de ce drame aux dimensions planétaires. Le Venezuela pleure, le monde regarde, Haïti est aux premières loges. Le deuil n'empêche pas que débute l'analyse froide et sereine de la coopération entre Haïti et le Venezuela. Pan par pan, il nous faudra regarder les rouages de cette machine dispensatrice de ressources énormes pour en tirer le meilleur profit. L'aide vénézuélienne, généreuse et abondante, génère sans douleur une dette immense, dont le paiement différé retombera sur les épaules des générations futures. Il suffit d'un choc, d'un revirement, d'un mauvaits audit et tout peut changer. Il suffit aussi que nos amis mettent la pression pour réclamer plus de transparence pour que de moteur l'atout vénézuélien devienne fardeau. La diplomatie haïtienne, chasse gardée du président de la République, a un défi énorme à relever dans les mois qui viennent et le chef du gouvernement un cahier de comptes à tenir au cordeau. Tout ce beau monde est au Venezuela, au chevet du cercueil de Chavez, mais aussi déjà au travail. Vendredi un président se retire et on intronise un président au Venezuela. Cela nous concerne.