Au moment où l'ancien président américain Bill Clinton fait la navette entre son pays et Haïti dans la perspective d'attirer l'investissement étranger dans le pays de Jean-Jacques Dessalines, le ministère du Commerce et de l'Industrie continue de collecter des données sur le recensement des entreprises haïtiennes à travers les dix départements du pays. Cette initiative du ministre Wilson Laleau coïncide avec la recherche d'informations dont la plupart d'investisseurs étrangers ont besoin pour bien saisir la réalité économique du pays. L'accord de partenariat signé cette semaine entre la délégation d'hommes d'affaires mexicains et la Chambre de commerce et d'industrie d'Haïti rentre dans le cadre des démarches effectuées par l'administration Martelly/Lamothe pour ouvrir le pays à l'investissement étranger et pour la prise de décision éventuelle dans ce secteur. Cette initiative permettra au gouvernement et au secteur privé de disposer des données fiables sur la situation économique du pays. La faiblesse en gestion d'entreprise, le faible accès des entreprises aux marchés local et international, l'incapacité des entreprises d'avoir accès au système financier, la lourdeur bureaucratique pour la création ou la formalisation d'une entreprise, l'identification des entreprises en secteurs d'activités sont pour la plupart les indices relevés dans le cadre de ce recensement.
Le gouvernement multiplie ces initiatives en vue d'attirer l'investissement étranger dans notre pays mais qu'a-t-il fait pour protéger les entreprises haïtiennes ? Quel type d'encadrement le gouvernement compte octroyer aux entreprises locales ? Le gouvernement dispose-t-il d'un plan de communication pour encourager la population à consommer les produits haïtiens ? Le consommateur haïtien qui rentre dans un supermarché ne tient pas compte du bien qu'il va se procurer dans la gamme de biens importés et ceux fabriqués en Haïti. Il ignore le spaghetti Itala par rapport à ceux importés de la République dominicaine, de l'Italie et d'ailleurs. Ce comportement du consommateur haïtien s'articule autour de l'absence d'informations sur les biens produits localement et le manque de sensibilisation du gouvernement à la production nationale.
Combien de commerçants dominicains vont importer la bière Prestige alors que Presidente est agréable dans la bouche des Dominicains ? Chez nous, n'importe quel commerçant haïtien va importer Presidente et le consommateur haïtien croit normal de le consommer au détriment de la bière Prestige. En République voisine, le commerçant dominicain est éduqué au même titre que le consommateur de ce pays. Un étudiant haïtien à Santiago, en République dominicaine, ne peut pas trouver un cola Couronne dont il a envie de boire. D'ailleurs, la République dominicaine ne produit pas de cola. Si on se rend dans le sud d'Haïti, très loin de nos voisins, il sera fort difficile de ne pas trouver une bière Presidente.
A quand le début d'une campagne de sensibilisation à la production nationale ?
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