La véracité de la nouvelle a duré moins de deux heures, tôt dans la matinée de jeudi. Ce délai suffit pour que les réseaux sociaux s'enflamment et que l'on mesure là où s'arrêtent l'amour et l'affection dont jouit Hugo Chavez.
Selon l'agence en ligne HPN, le Premier ministre Laurent Lamothe avait annoncé sur les ondes de la Voix de l'Amérique la décision de rebaptiser l'aéroport Toussaint Louverture du nom d'Hugo Chavez, président vénézuélien décédé le 5 mars dernier.
Le temps de vérifier et d'obtenir une clarification officielle, les commentaires ont plu, et l'indignation a soufflé comme pour un ouragan de force 5.
Dans l'après-midi, depuis Washington où il est en voyage, Lamothe a précisé que c'est l'aéroport du Cap-Haïtien qui portera le nom du comandante Chavez.
" Le Venezuela a financé à hauteur de 33 millions de dollars les travaux de rénovation", a expliqué le Premier ministre au Nouvelliste comme pour justifier cet auguste honneur.
La confusion des premières heures a cependant un fondement. Une place publique, celle en face de l'Office national de l'aviation civile (OFNAC), située à quelques mètres de l'aéroport Toussaint Louverture, portera bien le nom de Chavez.
Entre la dépêche de HPN et les clarifications de Lamothe, de son directeur de communication, Gary Bodeau, et l'appui du conseiller du président Michel Martelly, Joseph Lambert, les réactions des internautes ont été marquées du trait de l'incompréhension, de l'indignation, de la colère.
Jusqu'à présent les aéroports, portes d'entrée au pays, portaient les noms d'anciens responsables politiques (François Duvalier, Toussaint Louverture, Antoine Simon, Guy François Malary) ou des noms de lieux (Cap-Haïtien, Maïs-Gâté, Port-au-Prince, Jacmel, etc).
Ajouter Hugo Chavez à la liste est surprenant. Incongru même, selon certains. L'aéroport international du Cap-Haïtien risque de dérouter les visiteurs: arrive-t-on en Haïti ou au Venezuela?
Un des internautes opinant sur la question a été jusqu'à dire que l'hommage est démesuré. Chavez n'est pas un héros haïtien. Ce n'est pas parce que nous ne pouvons pas encore présenter des réalisations majeures effectuées avec les fonds Petrocaribe qu'il faille, selon lui, débaptiser un édifice restauré et lui faire porter son nom.
Le président Michel Martelly part jeudi assister à l'intronisation de Nicolas Maduro, Laurent Lamothe en tournée américaine ne rencontrant aucun officiel, il fallait un symbole fort, un pied de nez pour clamer l'existence d'Haïti et son attachement à ses vrais amis, analyse même un politologue du net.
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