Récemment, un journaliste africain demanda à une responsable d'un journal américain : « Quelle importance accordez-vous aux informations relatives à l'environnement qui constitue le plus important problème auquel l'humanité fait face actuellement ? ». « Non, c'est l'économie qui est le premier problème mondial, ce n'est pas l'environnement », répondit l'Américaine.
Un journaliste haïtien, témoin ou victime des catastrophes naturelles en série ayant frappé le pays au cours des dernières années, pourrait poser la même question. Difficile, voire impossible, de penser autrement quand on a vécu les cyclones Gordon en 1994, Jeanne en 2004, les trois cyclones de 2008, Sandy et Isaac plus récemment, pour ne citer que ceux-là.
Ces catastrophes nous ont rappelé combien l'environnement haïtien est vulnérable.
Au lendemain de chaque cyclone ou inondation géante, on crache sa colère, on jure ses grands dieux de prendre conscience, on promet aux victimes d'honorer leur mémoire en travaillant à la réhabilitation de l'environnement. Dès que le soleil réapparaît à l'horizon, le serment est vite oublié. Les mesures adoptées sont jetées dans les tiroirs, les mauvaises pratiques environnementales recommencent de plus belle. Et la vie continue jusqu'à la prochaine catastrophe.
Comme un couple infidèle qui se repent en public, les plus hautes autorités du pays se sont engagées - à nouveau - ce lundi, à l'occasion de la Journée mondiale de la terre, à assumer leur responsabilité envers l'environnement. « L'heure est enfin arrivée pour que l'Etat assume pleinement ses responsabilités en ce qui a trait à la protection et à la préservation du morne L'hôpital. De leur côté, les citoyens doivent aussi respecter les espaces protégés », a déclaré le président Michel Martelly au cours d'une visite au morne L'hôpital, ce lundi. Le chef de l'Etat, selon une note du ministère de la Communication, a inspecté plusieurs travaux d'infrastructure en cours dans la zone.
Un engagement de plus. Car Michel Martelly avait déjà placé l'environnement parmi ses priorités. Il avait même déclaré 2013 « année de l'environnement ». De nouveaux engagements. Oui, on en a besoin. A condition que des actions s'ensuivent. Des actions pour protéger réellement les aires protégées du pays. Des actions pour empêcher les marginaux de continuer d'habiter les lits des rivières, les flancs des mornes et les rivages. Des actions pour limiter les constructions anarchiques. Des actions pour empêcher la construction de mégabidonville à l'instar de Canaan, Ona Ville après chaque catastrophe naturelle ou liée aux activités humaines. Des actions pour freiner la coupe anarchique des arbres. Des actions pour protéger la nappe phréatique. Chacun de nous pourra ajouter un problème à résoudre dans cette liste.
Affronter ces problèmes exige des moyens financiers et matériels. Cela demande un plan sur le long terme avec des engagements dépassant de simples discours électoralistes.
Les défis dans le domaine de l'environnement sont nombreux tandis que les moyens sont faibles. Nous le savons tous. Dans ce cas, une meilleure gestion de nos faibles ressources s'impose en vue de nous donner plus de moyens pour nous attaquer aux problèmes environnementaux.
A défaut de résoudre tous les problèmes en même temps, nous devons nous concentrer sur quelques-uns comme le morne L'hôpital.
Bravo pour les nouveaux engagements pris par le président Martelly ce lundi en faveur du morne L'hôpital ! Et si on prenait rendez-vous à la prochaine Journée mondiale de la terre pour faire le bilan ?
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