Depuis l'organisation, du 5 au 9 juin 1995, de la 25e session régulière de l'Assemblée générale de l'OEA (événement qui se déroula à Montrouis au Club Med, devenu depuis le Club Indigo), Haïti essaie, tant bien que mal, de se projeter sur la scène internationale en passant par l'organisation d'événements majeurs. En 1995, tous les 35 États membres, plus les pays ayant le statut d'observateur, s'étaient fait représenter à la 25e session régulière de l'Assemblée générale de l'OEA. C'était l'occasion pour eux de marquer le retour d'Haïti à l'ordre constitutionnel; les délégations étaient présidées par les ministres des Affaires étrangères puisqu'il s'agissait d'assemblée ordinaire. En termes d'organisation et de logistique, ce fut un vrai succès, et ce fut pour la première fois que nous hébergions un évènement régional (pas sous-régional) de cette envergure. Depuis, il y a eu une conférence des ministres des Sports de la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports de la francophonie (Confejes) et la grande réunion des investisseurs quelques mois avant le tremblement de terre. Bill Clinton, Carlos Slim et d'autres y avaient paradé. De rencontres de la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH) en réunions internationales, nos hôtels et les services annexes ont été rodés à ces expériences qui se ressemblent, mais ne sont jamais pareilles. Habituellement, tout se passe bien. Sous la présidence de Michel Martelly, le train a pris une autre allure. La diplomatie s'est faite plus agressive. Haïti ose se porter candidat à l'organisation de rendez-vous internationaux. Nous ne sommes plus au stade de l'attente ou de la désignation par compassion. C'est un tournant. Du 24e Sommet des chefs d'État et de gouvernement de la CARICOM (18 et 19 février) au Sommet de cette semaine de l'Association des États de la caraïbe (AEC) nous sommes passés à une autre catégorie. Celle des réunions de Premiers ministres et de présidents. Haïti accueille la région, le continent presque. Port-au-Prince est enfin une capitale normale. De ce point de vue. Bien entendu, pour les habitants, la valse des officiels complique le train-train de la vie. Les embouteillages seront plus denses, les attentes interminables et les sirènes plus hurlantes que de coutume. C'est le prix à payer pour recevoir des invités de marque. Toutes les villes du monde subissent les mêmes ennuis dans ce cas. Cela s'appelle l'hospitalité.