L'EPPLS organise une journée porte ouverte mercredi en ses locaux de Delmas 3.
Ne vous demandez pas ce que ce sigle signifie ? Il y a fort à parier qu'il n'éveille en vous aucun souvenir ni le nom d'aucun organisme vivant.
Normal.
EPPLS est le nom d'une entité de l'Etat haïtien : Entreprise publique de promotion de logements sociaux.
Elle n'a pas été très entreprenante ces dernières années. On dirait même que le séisme du 12 janvier 2010 a ôté toute velléité de vivre à ce grand propriétaire de murs et de terrains. Sur le papier du moins, car qui sait ce qu'il reste des actifs de ce fantôme.
Il n'y a pas longtemps, à la fin du mois d'avril, le ministre des Affaires sociales et du Travail, Charles Jean-Jacques, a procédé à l'installation de Thys Miot, ingénieur, comme nouveau directeur général de l'Entreprise publique de promotion de logements sociaux (EPPLS). Miot remplaçait M. Elonge Othellot, absent le jour du changement de direction.
La décision de faire de la promotion pour l'entreprise s'explique par ce tournant. Pour sortir la belle endormie de sa profonde léthargie, le nouveau directeur général ouvre portes et fenêtres, invite la presse.
Il faut dire que les logements sociaux n'ont pas une bonne image. Une affaire de pauvres. Des unités de logement, de petites maisons, de petits loyers, aucune ambition depuis la fin du gouvernement des Duvalier. Aucune vision ni projection de l'image que le logement social s'inscrit dans une trajectoire de recherche du mieux-être pour toute société en mutation.
On dirait que les gouvernements ont jeté le bébé avec l'eau du bain, fatigués de voir chaque nouvelle cité se transformer hâtivement en bidonville.
Les politiques de dotation en logements sociaux sont en panne. Panne de crédit, panne de projet, panne de solution. Un pudique voile de honte recouvre les derniers vestiges.
Le tremblement de terre aurait dû, devant le déficit abyssal de logements et la hausse des loyers, relancer l'intérêt pour les solutions d'habitation de l'Entreprise publique de promotion de logements sociaux. Le gouffre engendré par goudougoudou a absorbé l'organisme.
Les ONG et leur myriade d'initiatives, les projets officiels par-ci par-là, tout s'est ligué pour que les logements sociaux échappent à l'EPPLS, le responsable de droit du secteur.
Chacun, voulant contourner les réglementations ou s'inscrire dans une politique, a inventé ses propres normes, fixé ses objectifs. Chaque intervenant décidant de faire à sa guise. Même la présidence s'est mise comme les ONG à distribuer des maisons, construites avec les fonds du Trésor public, sur des bases floues.
La tentative de retour sur la scène de l'EPPLS va-t-elle permettre une reprise en main du secteur ou précipiter la mort de cet organisme en agonie ?
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