La résolution adoptée par le Sénat de la République à l'unanimité, le mardi 28 mai dernier, sur le départ ordonné de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), pourrait susciter de plus en plus de débats au sein de différentes couches de la population. En dépit des cas de viol, d'assassinat perpétrés par des soldats onusiens et malgré l'introduction de l'épidémie de choléra par les Casques bleus népalais qui a fait plus de cinq mille victimes, c'est la première fois depuis le débarquement des troupes onusiennes sur la terre de Dessalines en juin 2004 que des partis politiques, des groupes de la société civile et des citoyens seraient sur le point de réfléchir pour trouver les voies et moyens nécessaires au rétablissement de la souveraineté du pays foulée aux pieds deux fois en l'espace de dix ans. En 1994 pour rétablir Jean-Bertrand Aristide dans ses fonctions et en 2004 pour éviter la guerre civile entre les partisans de ce dernier et ceux de l'opposition. Cette résolution proposée par le sénateur du Nord, Moïse Jean-Charles,est intervenu quatre jours après une tournée en Amérique du Sud du Représentant du secrétaire général de l'Onu en Haïti, Nigel Fischer. Selon une source digne de foi, la tournée de M. Fischer visait à sensibiliser les gouvernements latino-américains au maintien de leurs troupes en Haïti aussi longtemps que possible. Le Parlement uruguayen a enfin renouvelé ses troupes en Haïti à la fin du mois de mai pour une année à la suite de débats houleux entre partisans et adversaires du maintien de la Mission onusienne en Haïti. D'autres pays du sous-continent qui avaient donné leur accord l'année dernière à feu président Hugo Chavez pour se retirer de la Minustah sont en train de repenser leur contribution au sein de cette mission. Les ressources minières d'Haïti pourraient être le mobile de l'intérêt des pays composant la mission onusienne à s'intéresser davantage à maintenir la tutelle en Haïti afin de faire leur beurre. Tout porte à croire que Nigel Fischer a joué un rôle important dans les tractations avec les pays du sous-continent pour une réduction de l'effectif des soldats de la Minustah dans le but de calmer l'ardeur des nationalistes haïtiens et non pour un départ ordonné de la Mission. Cette stratégie une fois adoptée, le Représentant du secrétaire général, canadien de son état, croit que la mission onusienne dispose de toutes les cartes du jeu avec le contrôle terrestre, maritime et aérien du pays. Des riverains de Roche-Plate, localité de Trou-du-Nord, révèlent avoir vu pendant la nuit au cours du mois de mars, en deux fois, deux appareils aériens se poser dans la zone pendant plus d'une heure. Zone que les experts déclarent renfermer des gisements d'or. Des témoignages de parlementaires laissent croire que des contingents de soldats onusiens équipés d'engins lourds traversent de temps en temps la zone du Plateau central en provenance du Nord. Entre-temps, la mission onusienne s'est engagée depuis plusieurs mois dans des contrats de bail à longue échéance. La Minustah a-t-elle déjà élaboré son plan de déstabilisation du pays pour mieux s'installer jusqu'en 2040, comme avait ironisé Nigel Fischer en Uruguay lors de sa tournée en Amérique du Sud dans le cadre de sa stratégie de contrôle des ressources minières d'Haïti ?