La séance de convocation du gouvernement Lamothe, mardi au Sénat de la République, a mis à nu la faiblesse institutionnelle dans la gestion de la chose publique. 16e Premier ministre, Laurent Lamothe doit attendre encore beaucoup de temps avant de pouvoir maîtriser les rouages de l'administration centrale de l'Etat. Les contrats passés de gré à gré au mépris de la loi sur la passation des marchés publics, l'absence de titulaire à la tête de certaines entreprises d'Etat, le non-respect de la loi sur le budget et de la comptabilité publique dans l'utilisation des crédits budgétaires, les conflits d'attribution dans l'application des normes, procédures et principes généraux de l'administration ont été, pour la plupart, les interrogations des parlementaires lors de cette convocation qui a duré plus de onze heures au Sénat de la République.
Exercice de routine normal et indispensable dans tout régime d'Assemblée, cette séance, longtemps attendue par les sénateurs, aurait dû permettre de faire l'objet d'une évaluation réelle de la performance du gouvernement par rapport aux objectifs définis par les décideurs et les besoins réels du pays afin de diminuer les suspicions des uns et des autres sur la volonté, la crédibilité et la capacité de chacun des membres du gouvernement. Loin d'être un bilan de la première année du gouvernement Lamothe, le rapport soumis lors de cette séance de convocation donne l'opportunité aux plus hautes autorités de l'Etat de rééquilibrer la politique gouvernementale. Les déceptions, les insatisfactions ont éclaboussé les réussites observées dans certains axes de la politique gouvernementale.
Si l'on s'en tient aux axes prioritaires dans les domaines économiques et de développement définis dans les cinq E du président de la République dont la création d'emplois constitue le point focal, le Premier ministre et les ministres concernés n'ont pu trouver les réponses adéquates susceptibles d'éclairer la lanterne des parlementaires. Le taux de chômage est visible et augmente chaque jour davantage par rapport à l'incapacité du gouvernement de créer les conditions nécessaires à l'investissement étranger. Au lieu d'appliquer une politique d'austérité dans l'utilisation des maigres ressources de l'Etat, le gouvernement persiste dans de folles dépenses, ont laissé croire des sénateurs qui connaissent bien le fonctionnement de l'administration publique. Tout porte à croire que les déclarations incessantes de bon nombre de parlementaires, sur le gaspillage de fonds publics par certains ordonnateurs, vont mettre le pays sur la sellette à l'occasion du rapport de Transparency International de cette année.
L'évolution des rapports entre le législatif et l'exécutif laisse-t-elle augurer d'une lueur d'espoir sur un probable consensus entre les deux grands pouvoirs de l'Etat pour le bien de la patrie commune ?
Martelly peut-il faire le geste de rapprochement des parlementaires en opérant, en accord avec le chef du gouvernement, un nouveau remaniement ministériel où une feuille de route sera décernée à chacun des ministres avec de nouveaux objectifs sur la gestion des affaires de l'Etat ?
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