Le président haïtien Michel Martelly et son homologue dominicain Danilo Medina ont inauguré un nouveau champ de coopération : le reboisement de l'île. Pour mieux dire, le reboisement d'Haïti, dont la couverture forestière est évaluée à moins de 2%. En considérant que celle de la République dominicaine est d'environ 39%, Haïti n'a rien à lui apprendre. Il revient de préférence aux Haïtiens de se mettre à l'école des Dominicains.
Avec une couverture forestière aussi faible que la nôtre, il y a de quoi s'alarmer. Pourquoi ne pas décréter l'urgence environnementale ? Certains diraient même qu'il y a extrême urgence. Ils n'ont pas tort quand on considère le nombre énorme de morts, de blessés, d'orphelins, de veufs (ves), de sans-abri provoqués par les catastrophes des dernières années. De Gordon (1994) à Sandy (2012), la liste des victimes est longue, très longue. Celle des dégâts matériels aussi.
Le lancement de la campagne nationale de reboisement mercredi à Ouanaminthe est un bon signe. Ceci démontre que les plus hautes autorités des deux pays se partageant l'île semblent saisir la dimension du problème. Ce sera bénéfique d'abord à Haïti, puis à la République dominicaine si tel est le cas.
Il est vrai que mille et une campagnes de reboisement ont été lancées dans le pays au cours des dernières décennies. Quel bilan ? On n'a qu'à jeter un simple coup d'oeil sur nos bassins versants et nos mornes pour avoir la réponse.
Même si le bilan est ce qu'il est, ce n'est pas une raison pour se laisser décourager. Ce n'est non plus une preuve suffisante pour assister, en bons spectateurs, à la destruction de ce qui reste de notre environnement.
Une nouvelle campagne de reboisement n'est pas de trop surtout quand elle est lancée par deux chefs d'Etat. L'essentiel, c'est de tirer les leçons de l'échec des campagnes précédentes. On doit se rappeler que mettre les plantules en terre est une chose, mais obtenir l'adhésion de la population pour prendre soin d'elles en est une autre. Voilà le défi à relever.
Cette nouvelle campagne de reboisement est différente des autres dans la mesure où ses initiateurs se donnent des objectifs dans le temps. Faire passer la couverture forestière du pays de 2% à 13%, de 2013 à 2020, en est un. Quels sont les moyens que les autorités haïtiennes se donnent pour atteindre cet objectif ?
L'avenir dira si la cérémonie qui s'est déroulée mercredi à Ouanaminthe, à l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement, était un show médiatique de plus.
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