Le ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) s'est armé de courage cette année pour sanctionner les élèves qui n'ont pas respecté le délai de trois ans après la réussite aux examens de 9e année pour se présenter aux examens de rhéto. 14 000 jeunes sont concernés par cette mesure. Un bon exemple de courage du ministre Vanneur Pierre et de son équipe. Une honte pour des directeurs d'école qui élèvent la voix pour contester la décision du ministère. Certains menacent même de perturber les examens du baccalauréat pour forcer le MENFP à reconsidérer sa décision.
Au nom de l'éthique et de la morale, les directeurs d'école impliqués dans cette vaste fraude au sein du système éducatif devraient se taire. A quoi ça sert d'organiser des examens si ceux qui ont échoué peuvent, comme ceux qui ont réussi, aller en classe supérieure ? Les directeurs d'école sont les mieux placés pour répondre à cette question.
Les fautifs - responsables d'école, les élèves concernés et leurs parents, des fonctionnaires du MENFP - peuvent beau répéter que c'est le ministère qui est responsable du désordre pour l'avoir toléré pendant des années. Ils n'ont pas tort. Il n'est pas cependant trop tard pour ceux qui sont en charge de notre système éducatif de rectifier le tir. Il y va de l'avenir de la jeunesse haïtienne, voire du pays.
Permettre à des élèves de passer en classe supérieure sans avoir réussi les examens de passage n'est que la tête de l'iceberg. Les maux qui rongent l'école haïtienne sont nombreux. Le fonctionnement des écoles publiques (lycées et écoles nationales) résume à lui-seul la déchéance du système.
La non-validation des élèves ayant court-circuité le système doit être saluée par tous ceux qui rêvent de voir le système éducatif haïtien redevenir compétitif. Serait-il de trop si ceux qui se sentent victimes décident de poursuivre les escrocs en justice ? Ce serait un bon début pour combattre la corruption dans notre système éducatif.
Le MENFP ne doit pas rester en chemin. Il faut absolument aller plus loin. Il faut d'autres mesures en vue de (re) crédibiliser les examens officiels. L'école haïtienne en sortira renforcée. Après les examens officiels, l'autre cible du MENFP doit être les écoles publiques. Car, il faut le souhaiter on doit prêcher par l'exemple.
Il est inconcevable que les autorités haïtiennes continuent d'assister en bons spectateurs à la dégradation de la qualité de l'enseignement dans les écoles publiques du pays. On a beau construire des infrastructures scolaires ces dernières années sans se soucier de la qualité de la formation qui y est dispensée. Aucun signe ne montre que la réalité va changer sous l'administration Martelly-Lamothe qui fait de l'éducation son cheval de bataille.
Les maux des écoles publiques sont connus de tous. On les expose toujours dans les colloques et états généraux sur l'éducation organisés au cours des dernières années. Il ne reste qu'à mettre en application les propositions qui dorment dans les tiroirs. L'Etat donnera ainsi l'exemple au secteur privé de l'éducation.
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