La compagnie E-Power a, dans une note rendue publique mardi soir, clarifié sa situation face à l'EDH suite aux déclarations depuis Managua du président de la République Michel Martelly et du premier ministre Laurent Lamothe. La compagnie dit ne rien devoir à l'État haïtien : « Ni un centime de gourde, ni un centime US ». Elle « n'a pas de dette et, comme de fait, n'a jamais eu de dette envers aucune entité de l'État haïtien », précise-t-elle. E-Power affirme, citant les chiffres publiés par la direction générale de l'EDH elle-même, lors du symposium sur l'énergie organisé par l'EDH et le gouvernement haïtien en septembre 2012, qu'elle « produit un courant moins cher que celui des propres centrales thermiques de l'EDH ». Selon la note, E-Power « est de loin, de très loin, le producteur privé le moins cher du territoire ». Cependant, « en dépit de sa volonté affirmée de servir l'EDH et la population haïtienne depuis sa mise en service commerciale en février 2011, E-Power a été contrainte d'arrêter la production de l'Usine Michel Arthur Volel le 19 juin dernier en raison de retards de paiement de cinq (5) mois de production accumulés par l'EDH », ajoute la note. Si la note n'était pas signée de Daniel-Gérard Rouzier, président du conseil d'administration de E-Power, mais aussi premier premier ministre désigné par Michel Martelly, elle serait une simple note de mise au point d'une entreprise commerciale. Dans sa conclusion, la note va plus loin que la communication d'un partenaire lésé. « En choisissant notre slogan, il ne nous aura fallu que d'un moment pour comprendre qu'il n'y en avait qu'un seul qui convenait à décrire ce que nous voulions que E-Power soit: « Un autre courant ! », écrit le président du conseil d'administration de E-Power. Plus loin, il poursuit : « Investir $56 millions sur 15 ans à Cité Soleil pour offrir l'électricité la plus compétitive à la population est un acte de foi dans l'avenir de notre pays. Nous l'avons fait sciemment, sachant que nous y construisions non seulement une usine, mais surtout une nouvelle façon de faire, une différente manière d'être, un autre courant de pensée. » « Conscients de nos responsabilités, comme de nos devoirs, nous ne négligerons aucun des moyens légaux et financiers à notre disposition pour défendre les droits de toutes nos parties prenantes en général et ceux de nos actionnaires, de nos obligataires et de nos créditeurs locaux et internationaux en particulier», prévient la compagnie en conclusion de la note. Après l'affaire des oeufs et des poulets, il semble que se dessine à l'horizon une autre bataille sur un bien consommé par la population, le courant électrique. A la différence des produits avicoles dont la population paie de sa poche sa consommation, pour l'électricité, c'est l'État le payeur. L'État veut changer la donne, réorienter ses dépenses et, au passage, changer les règles du jeu. Le fera-t-il en respectant l'art et la manière ?