Fred D. Mc Guffie Tout enfant cherche à ressembler à quelqu'un. La fillette veut s'identifier à sa mère et le petit garçon à son père. Selon les spécialistes, cette période de l'existence humaine, si elle n'a pas été bien suivie et traversée, peut laisser des séquelles sur le comportement de l'enfant devenu adulte. A cinq (5) ans ou six (6) ans, en dehors du père ou de la mère, l'enfant cherche de nouveaux modèles. Il choisit de ressembler à X ou Y. A la télévision, il peut, après avoir assisté aux prouesses d'un acteur ou d'une vedette quelconque, vouloir se substituer à ce personnage. Ainsi va la vie. Jamais l'enfant ne cherchera à s'identifier à un anonyme, mais à quelqu'un qui a exercé ou qui exerce encore une certaine influence sur sa personne ou sur un groupe. De l'enfance jusqu'à la puberté, on nourrit ce même rêve et, devenu adulte, on cherche à le réaliser. Certains métiers/professions exercent un attrait plus fort que d'autres. C'est ainsi que des enfants devenus adultes veulent devenir médecins, ingénieurs, agronomes, professeurs, avocats, militaires, prêtres, etc. Beaucoup y parviennent. Mais certaines branches d'activités humaines confèrent plus de prestige que d'autres. Aujourd'hui, être footballeur, basketteur, acteur de cinéma ... permet d'accéder à une certaine notoriété et confère un pouvoir économique grandissant. Être prêtre, c'est différent. Si être prêtre peut conférer à quelqu'un prestige et autorité sur un groupe ou dans la société, il est loin de pouvoir lui accorder la richesse matérielle. Au départ, ne savait-on pas qu'il y avait le célibat et que le prêtre aurait à mener une vie de pauvre? Beaucoup de jeunes, de par le monde, après avoir entendu un sermon, cherchent le chemin du grand séminaire. Ce fut le cas de beaucoup de jeunes après avoir entendu les homélies d'un François dit d'Assise, d'un Padre Pio et de tant d'autres. Aujourd'hui encore, la magie du verbe opère des miracles sur les jeunes des deux (2) sexes. Beaucoup sont appelés, mais les élus seront-ils nombreux? Pour des raisons diverses, plusieurs jeunes franchissent les portes des séminaires ou des congrégations religieuses. Faute de moyens économiques pour parfaire leurs études, certains frappent à ces portes. Après des années d'études dites philosophiques, pouvant voler de leurs propres ailes, pouvant gagner leur vie en vendant des heures de cours, ils cherchent par tous les moyens à se faire expulser. D'autres, en dépit des difficultés rencontrées y réussissent. Dieu les avait marqués de son sceau. Ils y parviennent par témérité ou par vocation ... Là encore, un problème se pose. Par tempérament, il y a des jeunes dont les aspirations sont plus grandes et n'acceptent pas n'importe quelle situation. On les appelle les "insoumis" et ils sont mis à la porte. D'autres se font "soumis" et arrivent à franchir toutes les étapes jusqu'au sacerdoce royal. Au niveau du sacerdoce, deux (2) catégories de prêtres sont à considérer : les religieux et les séculiers. Parmi les prêtres, certains ont fait des études s'échelonnant sur plusieurs années: les Jésuites et les Montfortains. Qui sont exactement les religieux et les séculiers? Dans la tradition chrétienne, les ordres religieux sont des associations d'hommes ou de femmes qui s'engagent à suivre le christ dans une vie évangélique. Habituellement, les membres sont liés, publiquement ou en privé, par des voeux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance en vue de mener une vie consacrée. Par contre, les membres des instituts séculiers sont généralement laïcs. Ils ne vivent pas en communauté et mènent une vie ordinaire dans des circonstances conventionnelles. Les instituts séculiers valorisent le cheminement spirituel à travers l'Evangile et à travers la réalisation de certains voeux. La pratique de la charité est encouragée pour construire une relation personnelle avec Dieu. Ces instituts sont indépendants entre eux. Ils sont régis par des chartes différentes. Le religieux est celui qui, après avoir frappé à la porte d'une congrégation religieuse, veut parfaire sa vie en fonction des règles et des principes qui ont régi la vie de celui dont la congrégation porte le nom. En plus des voeux d'obéissance et de chasteté -- en tient-on compte de nos jours? -- il fait voeu de pauvreté. Le séculier diffère du religieux par le fait qu'il n'a non seulement de compte à rendre à ses supérieurs, mais ne fait non plus voeu de chasteté, de pauvreté ... d'obéissance? Il serait bon d'ouvrir une parenthèse sur ce chapitre. Bien avant le "schisme" qui a traversé l'Église d'Haïti, certains prêtres se sont déclarés "rebelles". Et, en 1991, les fondements de cette Église ont été ébranlés et ceux qui étaient chargés de diriger et de conduire cette portion du Peuple de Dieu dans la province ecclésiastique de Port-au-Prince peuvent en dire long. Aujourd'hui encore, les cicatrices sont là, et la plaie est béante. Après la catastrophe du 12 janvier 2010, on s'attendait à une certaine humanisation, mais, hélas! les prêtres font à leur guise. Ils abandonnent leur troupeau et la hiérarchie est quasi absente ... Quelle affaire ! Le prêtre, de par sa mission, a le devoir de prêcher, d'annoncer la Bonne Nouvelle, de dénoncer les injustices sociales et de conduire son troupeau à bon port. Certains hommes se font prêtres et pensent pouvoir s'enrichir. Beaucoup d'entre eux affirment péremptoirement qu'ils ne mourront pas pauvres, qu'ils doivent avoir maison, voiture et argent pour mener dans l'abondance leur vie de retraite. Où donc trouveront-ils l'argent pour mener une telle vie? Est-ce en vendant les sacrements de l'Eglise? Ah! Les ONG, on les avait oubliées. Oui, ils montent des projets bidon sur le dos de leurs pauvres paroissiens, et thésaurisent ainsi de l'argent. La hiérarchie, si elle existe encore, doit avoir les yeux grands ouverts ... Ont-ils oublié que leur modèle est le Christ qui s'est fait pauvre d'entre les pauvres? Que sert à l'homme de gagner le monde ... Par la bouche de l'évangéliste Marc, n'a-t-il pas recommandé à ses disciples de ne rien prendre pour la route qu'un bâton seulement, ni pain, ni besace, ni menue monnaie pour la ceinture, mais «Allez chaussés de sandales et ne mettez pas deux (2) tuniques»? (Mc 6:8-9) Etre disciple du Christ, qui s'est fait pauvre, nous commande-t-il à nous enrichir, à amasser or et argent? Le chrétien, l'ami de Jésus, ne doit pas se préoccuper du lendemain, de ce qu'il mangera non plus. Jésus, par le truchement de saint Luc (Lc12:22-24) nous demande de ne pas nous soucier de ce que nous mangerons, ni de ce que nous nous vêtirons. La vie est plus que nourriture. Si les oiseaux n'ont ni cellier ni grenier et qu'ils sont nourris, ne valons-nous pas plus qu'eux? Le souci premier de tout partisan du Christ est de chercher à lui ressembler, à faire sa volonté. Nous abandonner à la Providence, voilà l'attitude à adopter. Notre Père ne sait-il pas ce dont nous avons besoin? Et si la quête du Royaume est notre préoccupation essentielle, le reste, tout ce dont nous avons besoin, ne nous sera-t-il pas donné par surcroît? Le roi Salomon à qui il avait demandé de formuler ses besoins avait-il mis l'accent sur les choses matérielles? La sagesse pour bien diriger son peuple a été son seul souhait et les biens matériels lui ont été donnés... Pasteur, votre tâche est noble. Ressaisissez-vous! Ne vous laissez pas séduire par le Malin. Appuyez-vous sur le Christ! Recherchez les trésors du ciel que la teigne et la rouille ne peuvent attaquer! N'hypothéquez pas votre avenir! Vous avez du prix aux yeux de Dieu. Rappelez-vous de ce que le Seigneur avait dit à celui qui voulait le suivre et qui voulait d'abord enterrer son père. Repentez-vous! Il y va de votre salut et de celui du troupeau qui vous est confié ...