S'il est admis que le monde a un point de départ, l'origine de la vie reste en discussion. Les théories se croisent: créationnisme, évolutionnisme, et théories alternatives. Nous nous entendons sur le fait que l'origine de l'humanité est le fruit de l'évolution comme l'a si bien défini Darwin. Mais quelle évolution sans le phénomène de la reproduction ? Le problème est que l'on oublie trop souvent que la reproduction constitue la base de l'humanité et que l'évolution humaine ne serait pas sans elle. La rencontre du spermatozoïde et de l'ovule pour l'espèce humaine est l'évènement majeur qui enclenche tout le reste. Personne n'ignore combien le désir d'enfant est irrésistible. Quand il n'est pas satisfait, l'individu comme la société en souffre énormément. Le contraire apporte aussi son lot de conséquences. C'est le cas quand elle(reproduction) arrive trop tôt, quand elle est non désirée ou quand elle apporte ses surprises qui dérangent. Elle a des enjeux majeurs, car elle entretient la croissance ou la décroissance démographique et détient, du coup, une lourde influence politique, économique et sociale. On peut définir la reproduction comme l'ensemble des processus par lesquels une espèce se perpétue, en donnant naissance à de nouveaux individus. Dans l'espèce humaine, elle fait appel aux gamètes mâle et femelle de façon à assurer le brassage génétique. Si la reproduction doit nécessairement faire appel à deux individus, elle nécessite également un coût et des stratégies car, pour survivre, l'être va utiliser des stratégies différentes selon le milieu. Et cette reproduction consomme une quantité d'énergie dépendamment de la stratégie employée. L'être vivant est un être structuré à base de cellules, mais surtout, un être fonctionnel qui accomplit des fonctions essentielles à la vie comme la respiration, la digestion, l'absorption, la reproduction... Cette dernière n'est pas indispensable à la vie, car l'être humain peut vivre sans ses organes génitaux ou organes de la reproduction. Cependant cette fonction est essentielle et indispensable à la vie et à la survie d'une société, car une société qui ne se reproduit pas est menacée d'extinction. La reproduction constitue la base même de l'existence humaine d'où l'intérêt de percer ses mystères et les enjeux qui l'entourent. L'effet du nombre a toujours motivé le genre humain et est souvent signe de succès. La réussite du concert est défini par le nombre de spectateurs, l'auditoire d'une émission, le nombre de personnes dans les gradins pour un match de foot, le nombre de personnes ayant acheté l'album etc. « il n'y a richesse ni force que d'hommes, explique l'économiste Jean Bodin au XVIème siècle(1576), affirmant par- là l'importance accordée dès cette époque à l'homme comme facteur de production. En fait, les réflexions sur la population ne datent pas d'aujourd'hui. On en trouve les échos chez des penseurs qui vivaient dans des États fortement structurés (Platon dans l'Athènes classique [date approx.] Vème siècle av. J.-C., Confucius dans l'Empire chinois [date approx.]).Toutefois, c'est seulement à l'époque moderne de l'histoire européenne que cette réflexion a pris le caractère d'une recherche scientifique. Le premier travail d'ensemble sur la question a été publié, en 1662, par le statisticien britannique John Graunt (Observations naturelles et politiques sur les bulletins de mortalité), qui a étudié systématiquement les décès dans la ville de Londres, pour en tirer des conclusions sur « le gouvernement, la religion, le commerce ». L'entrée dans la modernité, à partir du XVIème siècle, s'exprime par le développement d'un désir de connaissance et d'un esprit de recherche qui s'appliquent à tous les domaines. Il est parallèle à une expansion économique qui, à la suite de la généralisation du commerce international, va entraîner l'industrialisation et l'urbanisation des sociétés européennes. Ces bouleversements posent des questions nouvelles aux hommes d'État et aux intellectuels. Le contact avec des civilisations différentes (de l'Asie et de l'Amérique) est lui aussi source d'interrogations, de même que les guerres et les épidémies. Le Siècle des lumières (siècle des révolutions en Amérique et en France) voit la naissance d'une réflexion sur la politique de la population, c'est-à-dire sur les mesures qu'il convient d'adopter pour que l'accroissement du nombre d'êtres humains s'accomplisse dans les meilleures conditions. Il faut d'ailleurs noter que c'est aux environs de 1750 que le terme « population » remplace le vocable « peuplement » dans la langue française, qui s'inspire en l'occurrence de l'anglais. Le débat qui prend forme alors va se poursuivre jusqu'à nos jours, opposant ceux qui croient en la possibilité d'un développement harmonieux à ceux, dont Malthus est le représentant le plus célèbre, qui estiment indispensable une limitation de la population. Il faut que cette reproduction s'effectue dans les meilleures conditions car elle conditionne l'avenir et la vie de la société. Il faut qu'elle jouisse d'une bonne santé d'où le concept santé de la reproduction formalisé à la conférence sur la population au Caire en 1994. Il se définit comme suit : Par santé en matière de reproduction, on entend le bien-être général, tant physique que mental et social, de la personne humaine, pour tout ce qui concerne l'appareil génital, ses fonctions et son fonctionnement et non pas seulement l'absence de maladies ou d'infirmités. Cela suppose donc qu'une personne peut mener une vie sexuelle satisfaisante en toute sécurité, qu'elle est capable de procréer et libre de le faire aussi souvent ou aussi peu souvent qu'elle le désire. Cette dernière condition implique qu'hommes et femmes ont le droit d'être informés et d'utiliser la méthode de planification familiale de leur choix, ainsi que d'autres méthodes de leur choix de régulation des naissances qui ne soient pas contraires à la loi, méthodes qui doivent être sures, efficaces, abordables et acceptables, ainsi que le droit d'accéder à des services de santé qui permettent aux femmes de mener à bien grossesse et accouchement et donnent aux couples toutes les chances d'avoir un enfant en bonne santé. Il faut donc entendre par services de santé, en matière de reproduction, l'ensemble des méthodes, techniques et services qui contribuent à la santé et au bien-être en matière de procréation en prévenant et résolvant les problèmes qui peuvent se poser dans ce domaine. On entend également par cette expression la santé en matière de sexualité qui vise à améliorer la qualité de la vie et des relations interpersonnelles, et non à se borner à dispenser conseils et soins relatifs à la procréation et aux maladies sexuellement transmissibles. (Principe d'action 7.2, Programme d'action adopté à la conférence internationale sur la population et le développement, Le Caire, 1994). A noter que l'une des deux conditions indispensables à la réalisation des objectifs fixés à l'issue de cette conférence d'ici 2015 est la stabilisation rapide de la croissance de la population mondiale. La reproduction reste un phénomène complexe tant dans sa faisabilité que dans les conséquences sociales, politiques et économiques qu'elle engendre. Elle nous apprend davantage à réfléchir sur les questions de population, elle nous fait dire qu'une politique pécifique de population est incontournable pour mieux répondre aux interrogations de l'humain et améliorer les conditions de son existence. Entre la reproduction et la population, la frontière est loin d'être étanche.