La tempête tropicale Chantal a régressé, se transformant en onde tropicale mercredi après-midi. Plus de peur que mal. L'alerte rouge a même été levée. Bonne nouvelle pour certains. Les milliers voire les dizaines de milliers de victimes du séisme du 12 janvier 2010 qui vivent encore sous des tentes abîmées ont toutes les raisons du monde pour pousser un ouf de soulagement.
Comme à chaque événement, certains peuvent ne pas se réjouir à l'annonce de l'affaiblissement de Chantal. Plus de raison pour dépenser sans justification les millions de gourdes décaissées par l'Etat au profit d'éventuelles victimes. « Les spécialistes des dégâts » resteront au repos. Le bonheur de l'un fait le malheur de l'autre. Dommage !
Une fois de plus, une tempête tropicale défie les prévisions métérologiques. Ce n'est peut-être pas la faute à nos spécialistes. C'est peut-être la nature de la météorologie. De toute manière, mieux vaut une mobilisation maximale que de revivre le scénario de 2004 avec Jeanne.
Chantal s'est éloignée de nos côtes, mais ce n'est pas une raison de se démobiliser. Car, dans l'état actuel de notre environnement, il faut une mobilisation en permanence sur le long terme pour le sauver. C'est le prix à payer si nous voulons avoir une certaine tranquillité d'esprit au cours du passage d'un ouragan par exemple. Prévenir ne vaut-il pas mieux que guérir ?
Haïti est pauvre et tout y est prioritaire. L'Etat n'a pas assez de ressources pour investir dans la protection de l'environnement, mais nous trouvons toujours de quoi alimenter les fonds d'urgence à chaque catastrophe. Preuve que ceux qui nous gouvernent font le choix de guérir, non celui de prévenir.
Chantal s'affaiblit. Les réunions en cascade programmées pour évaluer l'ampleur des dégâts n'auront pas lieu. Les cellules de crise sont dysfonctionnelles. Les kits « d'urgence » ne sortiront pas de leur dépôt. Les fonds d'urgence seront affectés à d'autres causes. Les gardera-t-on en caisse pour la plus prochaine catastrophe? Peut-être.
Chantal a choisi de ne pas compliquer notre situation. Les autorités peuvent retourner à leurs bureaux pour continuer à travailler sur l'organisation des prochaines élections, à trouver une solution au black-out, chercher la meilleure stratégie pour résoudre le différend qui oppose Haïti et la République dominicaine suite à l'interdiction des produits avicoles dominicains sur le marché national, préparer la prochaine rentrée scolaire, reloger les sinistrés encore sous les tentes, combattre l'insécurité alimentaire...
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