Le gouvernement haïtien doit clairement exprimer aux autorités vénézuéliennes les modalités de remboursement de la dette contractée dans le cadre du programme PetroCaribe en septembre prochain. C'est en quelque sorte ce qui a été conclu lors du 8e sommet de ce programme qui s'est déroulé les 28 et 29 juin dernier au Nicaragua en présence des chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres. Le président Nicolas Maduro du Venezuela avait offert l'opportunité aux pays membres de rembourser leur dette en échange de produits agricoles dont son pays a besoin. La situation lamentable dans laquelle se trouve l'agriculture haïtienne ne permettait ni à Martelly ni à Lamothe de réagir sur le vif comme c'était le cas pour le gouvernement de Guyane qui avait proposé environ 200 000 tonnes de riz par an dans le cadre du remboursement de sa dette. L'échéance arrive dans deux mois et les autorités haïtiennes n'ont organisé aucun débat sur ce dossier vital susceptible d'aider Haïti à remonter la pente au point de vue agricole. Cependant, rien n'empêche que le gouvernement prépare sa proposition en concertation avec les responsables du ministère de l'Agriculture. Les données recueillies sur ce secteur font croire que depuis vingt-cinq ans, c'est la première opportunité qui est offerte à l'agriculture haïtienne de se refaire une santé. A la suite de la politique néfaste d'organisations internationales, Haïti était obligée depuis 1995 de réviser à la baisse ses barrières tarifaires en matière d'importation de produits agricoles. Ce qui a détruit la production agricole du pays au profit du géant américain. La tentative de l'administration Préval-Smarth, en 1996, de relancer l'agriculture à cause de la réforme agraire, n'a pas produit les effets escomptés avec la crise gouvernementale de l'époque. Depuis lors, aucun gouvernement n'a tenté de faire l'expérience de la politique agricole. L'agriculture a été abandonnée par l'Etat qui laisse aux organisations non gouvernementales l'opportunité de contrôler ce secteur dans plusieurs départements. A l'initiative d'un groupe de citoyens du Nord, des agriculteurs venant d'une dizaine de communes se sont réunis au Cap-Haïtien, le mardi 16 juillet 2013, afin de proposer au gouvernement la filière igname comme produit agricole à offrir au Venezuela. Combien de tonnes d'ignames le Nord peut-il proposer au gouvernement puisque depuis dix ans la production des deux communes de ce département qui, jadis, produisaient la plus grande quantité de ce produit, est insignifiante ? La PanAmerican Development Foundation (PADF) a mis en place depuis l'année 1999 un programme visant à acheter les plantules d'ignames dans ces communes sous la direction de l'ancien ministre de l'Agriculture Joanas Gay. A chaque période de réouverture des classes, la PADF envoie plusieurs camions pour s'approvisionner en plantules d'ignames. Aujourd'hui, Plaisance et Pilate ne disposent que d'une faible quantité d'ignames. La destruction de la production agricole par la PADF a été réalisée avec sans doute la complicité du ministère de l'Agriculture. Pendant combien de temps l'administration Martelly-Lamothe pourra-t-elle relancer l'agriculture en Haïti ?