Qu'est-ce qui restera du carnaval des Fleurs de 2013 ? Des souvenirs individuels. Quelques photos, des vidéos, sans doute.
Le carnaval des Fleurs n'avait rien de « wow », ont convenu tous ceux que Le Nouvelliste a pu interroger. Il était un carnaval de plus avec les rondes de la foule sur le parcours pendant trois jours, le défilé des orchestres, la mise en place un cran de plus du contrôle total du gouvernement sur la fête et l'acceptation par tous les participants de l'autocensure comme ticket de participation.
La fête finie, la politique va reprendre ses droits. Les mêmes qu'avant. Nous nous préparons à parler, parler, parler de sujets sans les épuiser tant il y en a qui se bousculent au portillon. L'un chassera l'autre.
Le budget de la République va avoir ses quelques jours d'attention. À voir la liste des projets que le gouvernement place en tête de ses priorités, l'exercice qui nous arrive ne changera pas grand-chose, comparé à celui qui s'achève.
Deux exemples : l'État va construire de nouveaux parcs industriels en dépit du fait qu'aucun de ceux qui existent sur le territoire, opérés par le secteur privé ou le secteur public, ne fonctionne à plein rendement. Le gouvernement compte aussi relier Mariani à Port-au-Prince par un ferry. Dans ce pays, prendre le bateau est le dernier recours et Mariani est loin d'être une ville. Le projet ne dit rien sur le système de transport terrestre auquel va être connecté le ferry...
Nous allons budgétiser des milliards que nous n'avons pas, serons incapables de toute façon de les dépenser et ferons comme si les prévisions pourront être respectées.
Le ministre de l'Économie et des Finances le reconnaît lui-même : depuis 1982 l'État haïtien ne respecte pas ses propres prévisions. À quoi bon continuer à faire pareil ? Si vous vous posez la question, vous n'avez rien compris.
Le Fonds monétaire international (FMI) et tous nos amis de la communauté internationale vont s'extasier devant notre courage, notre résilience et notre capacité extraordinaire à tourner en rond.
Cette prévision, nous pouvons la bousculer, mais il faudrait que le gouvernement mette autant d'ardeur à bien faire qu'il sait en mettre à réaliser deux carnavals par an.
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