Islam Louis Etienne
Une faute avouée est à moitié pardonnée, dit-on ! Ce texte est une production du maestro Ulrick Pierre-
Louis pour expliquer une situation pénible qu'il a endurée à cause du mépris de sa femme Odile. Alors qu'ils vivaient le parfait amour, il l'a tompée, l'a offensée, par faiblesse, dit-il.Cette production est une amende honorable faite par un méprisé pour reconquérir l'estime ,l'attention et la confiance de sa femme. Le mépris a détruit les relations qui existaient entre les conjoints et a provoqué un dysfonctionnement au niveau même de la famille.
Ulrick est un artiste qui a fait de la musique toute sa vie, qui a écrit et chanté toutes sortes de thèmes avec une finesse et une élégance qui lui sont propres. Il a aidé beaucoup d'amis en situation difficile à résoudre leurs problèmes. Il est tout à fait normal qu'il utilise la même arme pour ses besoins personnels. La chanson lui a permis de se faire comprendre, de traduire son état d'âme et de montrer sa ferme volonté de continuer à vivre en harmonie avec sa femme. Il a connu de longues nuits sans sommeil à cause de ce déséquilibre au niveau du foyer. La chanson a transmis un message clair et sans équivoque de regret et de demande de pardon. Pour compléter le tableau, il a été jusqu'à sa mort le seul à chanter cette chanson. Les mélomanes qui ont chanté, dansé et parfois sollicité cette composition une nouvelle fois, se trouvent dans l'ignorance complète de la blessure à soigner et de l'abcès à crever. Cette chanson n'est pas programmable. Elle dépendait uniquement de l'état d'âme du maestro.Maintenant qu'Ulrick est mort, qu'adviendra-t-il de cette pièce musicale que l'orchestre n'a jamais joué sans lui, que personne n'a jamais chanté en dehors de lui, de plus, elle n'est gravée sur aucun CD. Cependant, certains grands collectionneurs détiennent et conservent jalousement ce précieux document avec la voix de l'auteur.
L'art : cellule vivante de la vie
L'artiste est un créateur qui utilise les moyens mis à sa disparition pour décrire ses émotions et traduire ses sentiments. L'art est le miroir de la vie. Il peut être appréhendé différemment par celui qui écrit ou qui peint. Il nous permet de vivre la vie à un moment précis et dans un espace bien défini. Il n'obéit à aucun principe préétabli. En laissant vagabonder son esprit, l'artiste peut produire n'importe quoi, sans valeur apparente réelle mais pour le moment précis, c'est cette manifestation qui traduit chez lui des sensations exprimées avec un itinéraire bien défini pour atteindre des objectifs spécifiques. La concrétisation de l'oeuvre signifie pour lui que les objectifs fixés préalablement sont atteints. Parfois, pour comprendre et décoder un message dans une oeuvre donnée, il faut investir un temps considérable pour pénétrer les instincts de l'auteur et certaines fois, se mettre à sa place. Ce n'est pas toujours facile de comprendre et encore moins d'apprécier ce que l'on ne comprend pas. L'art ne raisonne pas et représente un espace sans limite ou l'artiste évolue sans contrainte et sans bornes au niveau de représentation du monde perçu et de l'adaptation qu'il entend faire proportionnellement aux problèmes à résoudre et aux solutions envisagées.
L'artiste peut produire par philosophie, par besoin ou pour pérenniser une image qui a marqué son existence dont les séquelles sont profondes dans un sens comme dans un autre. La philosophie lui permet de relayer le passé avec de nouvelles donnes, de nouveaux paramètres mais sans détruire l'oeuvre dans son essence et dans sa profondeur. Une oeuvre ne périt jamais, pour bien la comprendre, il faut la mettre dans son contexte, dans sa sphère d'action, pour tirer la leçon qu'elle enseigne et la vérité qu'elle impose.
La vérité est de son temps et l'artiste est le produit de son milieu. Il fait entrer la technologie de pointe dans sa création et il définit un nouveau mode de production. Il va peut-être plus vite mais sans limiter l'univers dans lequel il évolue. Il nous fait toujours découvrir des choses auxquelles nous n'avions pas pensé; il nous fait découvrir des mondes qui, pour nous, étaient jusque-là inconnus et des réalités jusque-là ignorées. Il nous transporte dans son propre monde pour nous enseigner sa propre vérité qui, le plus souvent, est différente de la nôtre. On le dit surnaturel, primitif et autres parce qu'il a une manière de traduire ses émotions qui est différente de la nôtre. Pour résoudre un problème, il écrit. Il peint mais il ne boit pas jusqu'à devenir ivre, il ne frappe pas les autres pour leur porter préjudices. Dans ce tableau qu'il peint, dans ce texte qu'il écrit, dans cette chanson qu'il chante et qu'il laisse à l'histoire, il y a un message qui est une réponse à une situation donnée .C'est à la postérité de le décoder, de mesurer sa portée, son importance, son intensité et sa profondeur.
Le mépris
Le mépris est une situation qui met deux acteurs face-à-face dans des rôles nettement différents : celui qui alimente la situation porte sur l'autre un jugement négatif et hautain, il le regarde avec pitié et tristesse, c'est le contempeur. Celui qui subit le mépris parfois avec déshonneur et disgrâce et qui éprouve un sentiment, de honte et d'embarras, est le méprisé. Lorsqu'on est méprisé, on est indigne d'égard, d'estime et d'attention. On est perçu comme un ce bon à rien dénué de toute valeur morale et de contenance sociale. Le mépris est très proche du dégoût. Ils sont tous deux liés par l'hostilité, par le désaccord des autres et exhibant le thème commun de violation d'éthiques morales... Le contempteur se sent supérieur et maintient le méprisé dans un sentiment d'infériorité, en installant chez lui la honte, l'humiliation et le rabaissement par des comportements, des actes et surtout des paroles et des silences dévalorisants.
Celui qui méprise autrui lui refuse le droit d'exister comme être humain, le discriminant d'office dans un déterminisme destructeur. Il réduit le méprisé à n'être qu'un objet qui n'a pas le droit d'exister par lui-même, mais seulement en fonction de la place et du rôle qu'il lui attribue, tel un pion sur un échiquier avec tout ce que cela implique dans le champ du social, de l'économique, du politique et du culturel. Le mépris s'exclut par essence du champ de la non- violence. Il aveugle le contempteur sur ce qu'il est réellement, ses limites liées à sa condition humaine, sur sa responsabilité vis-à-vis du méprisé, sur les conséquences de ses dires et de ses actes dans la construction d'une vie commune. C'est se jeter de la poudre aux yeux pour dissimuler des sentiments de haine, de méchanceté à l'égard de l'autre, sentiment difficilement acceptable sur le plan morale. Le contempteur se drape dans son mépris pour théoriser et terroriser son vis-à-vis.
Le mépris rend sourd à l'appel du destin qui est: rencontres multiples, ouverture sur des possibilités, rassemblement des fragilités pour une cristallisation en forces vives et vivantes. Il est souvent mépris de soi déguisé en mépris de l'autre; réduction de soi par réduction sauvage de l'autre. Il déshumanise en même temps qu'il désensibilise avec effet boomerang. La honte qu'il fait naître chez le méprisé renvoie au mépriseur une image obscène de lui-même.La dictature du mépris est en pleine recrudescence aux quatre coins de la planète au quotidien. Elle transforme l'humain en objet, en marchandise, en chair à missiles et en autres bombes désintégrantes. Dans la vie quotidienne, on a retenu trois types d'attitude méprisante :
1. La manifestation d'un sentiment de supériorité du contempteur
Elle consiste à prendre le méprisé de haut, d'exprimer son dédain et parfois le faire sentir durement par exemple au moyen de regards méchants, moqueurs, de paroles blessantes, sarcastiques, en le rabrouant en public, en prononçant des jugements qui le qualifient de manière péjorative avec l'intention manifeste de le blesser, de le vexer, voire pire, en l'insultant pour l'offenser. Le fait de dire ou de considérer qu'il est définitivement inapte à faire ceci ou cela, à étaler ses certitudes sclérosantes et paralysantes, relève aussi d'une attitude méprisante. Enfin, nier les besoins et les aspirations les plus élémentaires de la personne humaine fait également partie de la panoplie du contempteur.
2. Se montrer complètement indifférent face au méprisé
Cette situation se présente lorsque le contempteur ignore complètement l'existence du méprisé dans un espace de vie commune. Il ne lui parle pas, il ne répond pas quand on lui adresse la parole. Il donne des réponses évasives dans des situations précises. Quand on parle du méprisé, il change le sujet de la conversation. Il l'évite et le montre ouvertement. Il ne fait rien même s'il est en situation de détresse et de désespoir. Il le néglige et ne remplit pas ses devoirs à son égard.
3. Exprimer une pitié froide à l'égard du méprisé
Pour se donner bonne conscience, il prend un plaisir fou à le culpabiliser pour les souffrances, les difficultés qu'il peut rencontrer pour répondre à ses obligations et aux nécessités du quotidien ou à ses aspirations spirituelles ou immatérielles. C'est demander à la personne victime du mépris d'endosser la responsabilité, c'est se disculper à bon compte d'une attitude outrageante et inexcusable.
L'exclusivité
Il y a des espaces qui ne nous tentent pas et peut-être qui ne vont jamais nous tenter. Nous les laissons aux artistes, aux créateurs, à des gens qui par don ou par magie, développent des capacités de transformation, d'innovation et de réalisation à partir de tout ce que nous voyons, nous lisons et convoitons soit par instinct, soit par réflexe, soit par répétition et habitude. Les scènes, les terrains de jeu, les carrés dans les night-club, etc. sont réservés aux artistes ou aux professeurs. Ce sont des gens qui ont la possibilité de capter l'attention du public en lui donnant du plaisir par l'enseignement ou le divertissement, en réalisant des expériences qui ne sont pas à la portée de ce public émerveillé par le style et l'adresse des acteurs. On ne monte pas sur une scène si on n'a rien à dire ou à faire .Tout en étant spectateurs, on a la capacité d'apprécier ou d'évaluer la performance de l'acteur sur la scène, de payer le prix qu'il faut pour prendre part au spectacle, de considérer un artiste, un acteur, un professeur comme un idole ou quelqu'un à qui on veut ressembler parce qu'il a une façon de faire les choses qui lui est personnelle et unique en son genre et qui attire notre admiration. On est tout à fait d'accord que tout le monde ne peut couvrir tous les espaces. Un professeur dans un espace peut devenir un spectateur dans un autre espace. C'est la relativité et l'exclusivité des choses. A chacun son métier et les boeufs seront bien gardés.
L'exclusivité peut aussi traduire une adresse à l'égard d'un tiers. Sans insérer le nom, le texte peut aider largement à identifier la personne à l'adresse de laquelle l'oeuvre a été réalisée, même si plusieurs personnes peuvent se trouver dans la même situation en même temps par rapport à l'auteur. L'auteur est toutefois libre de dévoiler son secret ou de faire durer le suspense. Généralement, en matière de composition musicale, l'oeuvre, une fois conçue, rentre dans le patrimoine de l'orchestre et peut être jouée à la moindre sollicitation.
L'exclusivité prend une autre dimension, lorsque l'auteur retire l'oeuvre du patrimoine de l'institution et ne la joue que s'il la chante lui-même. C'est exactement ce qui arriva à : «Ne me méprise pas» où le maestro chante pour sa femme pour lui demander pardon. Pardon pour l'écart commis ; pardon pour les offenses faites; mais il le fait en chantant avec une voix de circonstance qui traduit son regret de l'avoir offensée. C'est vraiment une exclusivité.
Personne n'aurait jamais pensé qu'en dehors de son costume de musicien et de chef d'orchestre, on aurait trouvé un homme doué d'une certaine sensibilité pour implorer le pardon de sa femme publiquement. C'est un Ulrick nouveau format qui a chanté ses faiblesses tout en reconnaissant l'amour profond de sa femme à son égard. Il dit souvent à ses amis que l'on confond généralement le maestro avec Ulrick. Le maestro absorbe l' homme qui est en lui. On oublie trop souvent qu'il est d'abord un homme avant d'être musicien. On parle trop souvent du musicien en oubliant le citoyen.
Le citoyen Ulrick Pierre-Louis a voulu, à travers cette chanson qu'il a composée, orchestrée et chantée, raconter ses déboires nocturnes à sa femme. C'est une dédicace spéciale et exclusive à l'adresse d'Odile, sa femme. L'exclusivité est portée non seulement sur la personne à qui elle est dédiée mais aussi sur la voix du chanteur qui est associée à la composition. Il a voulu se faire considérer lui aussi comme un homme ordinaire soumis aux difficultés quotidiennes avec un coeur qui implore et demande pardon assurément pour un impair commis. La vie est une conjugaison d'événements heureux et malheureux qui jalonnent notre existence et qui conditionnent notre comportement. La joie, l'allégresse, le contentement s'allient à l'amertume, le regret, le remords comme sentiment vécu ou provoqué par suite d'une série d'actions posées à longueur de journée envers et contre tous.
L'interdépendance nous permet de construire le bonheur ou le malheur des gens qui nous entourent. Après des nuits sans sommeil, dévoré par le remords et envahi de regrets pour avoir commis des actes qui ont rendu sa femme malheureuse, Ulrick avait senti le besoin et la nécessité non seulement d'écrire cette chanson mais encore de la chanter avec une voix enrouée pour dire combien c'était horrible de vivre ces moments si difficiles dans la tourmente et dans la solitude des nuits trop longues et interminables.
La composition est réalisée comme une faute avouée et pour laquelle il demandait publiquement pardon à une femme de conviction qui, en dépit de tout, restait fidèle et attachée à ses engagements. « Ne me méprise pas» est une pièce qui fait réfléchir et qui fait comprendre que l'homme, quelles que soientt sa taille, sa hauteur et ses fonctions sociales, est un être humain teinté de passion et de faiblesse ; ce qui donne naissance à quelques moments d'errance, d'égarements et de flottements dont la durée dépend de l'aptitude de chacun à se reconnaître, à réagir pour redresser la barque en faisant le moins de casse possible. Le drame ce n'est pas de commettre des erreurs, mais c'est la facilité et l'habilité avec lesquelles on peut les réparer pour harmoniser les rapports. Ulrick nous a montré un chemin...
Composition : Ulrick Pierre-Louis
Vocal : Ulrick Pierre-Louis
Rythme : Boléro
Ne me méprise pas.
Depuis longtemps, je souffre, c'est horrible
J'aurais voulu implorer ton pardon
Je t'ai trompée et cela m'est terrible
Car notre amour était pourtant profond
Si tu pouvais mesurer ma souffrance
Lire en mon coeur l'immense désespoir
Notre bonheur et notre joie naguère
Par un acte vulgaire qui fut sans lendemain.
Refrain
Mais hélas ! Je pleurerai sans cesse
Maudissant ma stupide faiblesse
Dans le silence angoissant de mes nuits
Toujours je pense à mon bonheur enfui
Par pitié, maîtrise ta colère
Et surtout redis-toi bien tout bas
Que je t'aimais et que tu étais sincère
Ne sois pas trop sévère, ne me méprise pas.
II
J'aurais voulu voir, devant moi ton image
Comme autrefois au temps de nos amours
Quand je couvrais de baisers ton visage
Au front si pur et tes yeux de velours
Oui, je gravis mon pénible calvaire
Que je mettais de mes propres mains
Notre bonheur et notre joie naguère
Par un acte vulgaire qui fut sans lendemain.
Refrain
Mais Hélas, je pleurerai sans cesse
Maudissant ma stupide faiblesse
Dans le silence angoissant de mes nuits
Toujours je pense à mon bonheur enfui
Par pitié, maîtrise ta colère
Et surtout redis- toi bien tout bas
Que je t'aimais, et que tu étais bien sincère
Ne sois pas trop sévère, ne me méprise pas.
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