Les partis politiques pour la plupart représentés au Parlement, dont INITE, OPL, RDNP, Mochrenha, Fusion, Ansanm nou fò et Kid ne prendront pas part à la rencontre convoquée ce mercredi à l'hôtel Karibe par le président de la République, Michel Martelly. Ces chefs de partis expriment leur méfiance par rapport à la démarche utilisée par le chef du pouvoir exécutif pour parvenir au dialogue sur les élections dans cette conjoncture marquée par des divergences profondes entre les représentants des grands pouvoirs de l'Etat. Les injonctions de Martelly au Collège transitoire du Conseil électoral permanent (CTCEP) seraient le motif de désistement de bon nombre de ces formations politiques. Depuis son investiture à la présidence de la République, c'est la deuxième fois qu'il invite les partis politiques à se joindre à lui pour une rencontre sur une question d'intérêt national. Le débat sur la loi électorale de 2008, la fin du mandat des sénateurs élus en septembre 2009 ainsi que l'organisation des élections à la fin de cette année sont des questions pendantes de l'actualité. Depuis 1997, Haïti fait régulièrement face à toute une série de crises avant, pendant et après les élections. Personne ne peut écarter la thèse de la crise préélectorale, tenant compte du dernier développement des rapports entre le président Michel Martelly et le CTCEP. Comment le dialogue sera-t-il repris entre chef de l'Etat et les conseillers électoraux sur les trois injonctions du président à l'institution électorale ? Tout porte à croire que la recherche de dialogue du président avec les chefs de partis vise surtout à passer l'éponge sur les controverses enregistrées ces derniers jours dans le processus de l'organisation des prochaines compétitions électorales. Si les chefs des partis politiques ont opposé une fin de non-recevoir à l'invitation du président de la République sur le dossier des élections, il doit par contre créer les conditions pour que la rencontre avec les sénateurs élus en septembre 2009 soit une réussite. En obtenant un accord avec les pères conscrits sur le mandat de ces élus, Martelly pourra remonter la pente et se refaire une santé. Dans l'histoire politique de notre pays, les rapports entre le pouvoir politique et les partis politiques ont toujours été à couteaux tirés. Quand ce n'est pas le président qui rend la vie difficile à un chef de parti politique, c'est celui-ci qui est à la base d'un complot pour renverser un président élu. Dans les deux cas, l'homme politique haïtien, qu'il soit au pouvoir ou dans l'opposition, est hostile à l'alternance politique. Mis à part les rencontres organisées à l'Arcahaie, au Cap-Haïtien et à Léogâne par les partis regroupés au sein du Mouvement patriotique de l'opposition démocratique (MOPOD), aucune initiative d'envergure n'a été initiée à l'encontre de Michel Martelly depuis son investiture le 14 mai 2011. Les manifestations de rue et la grève générale qui sont souvent utilisées par les partis de l'opposition comme méthode de contestation du pouvoir politique n'ont pas été retenues. La recherche de dialogue de Martelly sera-t-elle conjoncturelle ou permanente pour trouver la paix sociale ?