Huit jours après le message du président de la République sur la Télévision nationale d'Haïti, aucun pas n'a été franchi pour éviter au pays une crise politique majeure. Si l'analyse profonde du chef de l'Etat sur les partis politiques d'une part, et sur le comportement des représentants des partis politiques au Parlement pendant ces trois dernières législatures d'autre part, laissait augurer une lueur d'espoir sur une entente interhaïtienne en vue du renouvellement du tiers du Sénat et de l'organisation des élections locales et territoriales avant la fin de cette année, il n'en est pas ainsi pour le moment.
Jusqu'à ce mercredi, l'avant-projet de loi électorale élaboré par le Collège transitoire du Conseil électoral permanent (CTCEP) est encore dans les officines du palais national. L'organisme électoral ne peut rien décider sur les étapes de l'organisation des élections tant que la loi électorale n'aura pas été votée. Au sein du gouvernement, personne ne veut commenter cette question d'actualité qui reste la chasse gardée du président de la République. Absent du pays depuis le vendredi 16 août en cours, Michel Martelly laisse tous les acteurs politiques perplexes sur la réalisation des élections avant la fin de cette année.
La plupart des missions diplomatiques établies à Port-au-Prince sont de plus en plus sceptiques sur la volonté des décideurs d'éviter une crise politique avant, pendant et après les élections qui doivent se tenir prochainement. Dans un rapport adressé mardi au Conseil de sécurité sur le retrait progressif de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon s'est dit satisfait du climat sécuritaire du pays, mais a signalé la fragilité de la situation politique en raison du non-respect des échéances électorales. Selon le numéro un de l'organisation mondiale, les autorités haïtiennes n'ont pas respecté leur engagement sur la question des joutes électorales conformément à la Constitution.
Ces considérations diplomatiques des uns et des autres pourraient constituer des ennuis pour l'administration Martelly-Lamothe en fonction de l'évolution des rapports politiques dans le pays. En minimisant ces rappels, le gouvernement haïtien n'est-il pas en train d'imiter l'administration Préval-Bellerive sur le non-respect des échéances constitutionnelles dans la gouvernance du pays ?
Au fur et à mesure que les jours passent, il devient de plus en plus improbable que les élections se tiennent à la fin de cette année. A neuf jours de la fin du mois, et à dix-huit jours de la clôture de la deuxième session annuelle du Parlement, tout porte à croire que l'avant-projet de loi électorale n'aura pas la bénédiction des deux assemblées législatives haïtiennes avant le deuxième lundi du mois de septembre qui marque le début des vacances des députés.
Martelly a-t-il les pieds sur terre ?
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