Les analyses effectuées en Haïti dès 1995, par des instances internationales, ajoutées à celles de techniciens avisés du terroir, sur les tendances ascensionnelles en besoins alimentaires avec l'augmentation incontrôlable de la population des consommateurs, établissent clairement la montée d'une situation difficile à maîtriser. Les rapports de la CNSA le confirment. Les mesures apportées à ce problème traduisent une tendance à vouloir changer le cours des choses par l'utilisation massive d'engrais chimiques parallèlement à l'importation des denrées manquantes provenant des USA et de la République dominicaine. Le diagnostic n'avait pas porté sur la structure de la production elle-même et la sécurisation des récoltes sur pied qui avait souffert avec la disparition des chefs de section rurale qu'on accusait de sévices divers mais qui n'ont pas été remplacés. La nature a horreur du vide. De même, ce diagnostic ne tenait pas compte de l'incapacité des budgets publics à promouvoir seuls la création d'emplois à partir d'activités économiques bien structurées de la part du secteur privé en faveur de l'agriculture. Loin d'analyser les vraies raisons des succès des programmes de la république voisine dans le domaine agricole et d'en extraire la partie valable pour notre pays, les responsables ont préféré essayer de colmater les brèches de notre faiblesse de production en se reposant sur des programmes d'urgence financés par l'assistance étrangère. Il s'est produit progressivement un désintéressement des producteurs agricoles dans l'exploitation des terres pour se rendre dans les villes à la recherche d'un mieux-être à meilleur compte et de là, la ruée vers les pays étrangers dont le charme a été souvent présenté par le cinéma, la radio et la télévision. En plus, des rencontres avec des congénères venus en vacances chaque année, parés comme les citoyens des pays récemment colonisateurs (ou producteurs de substances pétrolières), ont eu des effets négatifs dans cette situation.   Les produits alimentaires vendus sur les marchés ruraux et urbains sont devenus des éléments moteurs se trouvant à la base de la création d'une arme politique pouvant déstabiliser les gouvernements les mieux établis. La spéculation en denrées alimentaires devient alors pratiquée par des groupes formés durant leurs voyages à l'extérieur à partir d'individus styles pour promouvoir ces activités en les érigeant en technique de domination de la société. L'éradication de ce «cancer» d'un style nouveau ne sera pas une oeuvre facile car le système rejette le principe de la production de l'argent à «long terme» en y substituant les techniques hautement perfectionnées d'agression de la population fournissant de l'argent à la semaine comme paravent à la montée fulminante de cette domination par le «ventre». Ceci porte les individus bien pensants de notre société à épauler le gouvernement actuel à réaliser la décentralisation en faveur de l'aménagement du territoire et dans la modélisation de notre société dans la production alimentaire «tous azimuts». Il est devenu clair qu'avec la situation économique mondiale, les pays donateurs tendent à se replier sur eux-mêmes pour se protéger contre l'invasion de leur territoire par des concitoyens (comme ceux de chez nous) malgré leur désir de coopérer en arrivant sur place. Nous avons les capacités humaines pour le défi qui s'impose à nous en vue de nous nourrir de là à exporter nos fruits, notre café, nos huiles essentielles, nos plantes aromatiques et notre artisanat vers l'extérieur, comme le font tous les autres peuples. L'adoption d'une politique alimentaire nationale peut aider à freiner le désastre. Si nous avions pu faire 1804, nous pouvons aussi faire 2020 car nous avons le dos au mur. Nous devons chaque fois fondre dans un même creuset et la culture et la créativité. C'est notre souhait aux gens de notre pays en cette fin d'année 2013.