Fred D. Mc Guffie
Depuis des millénaires, l'histoire de l'Eglise catholique a été souvent jalonnée de signes, de miracles ou prodiges envoyés par Dieu pour soutenir la foi des hommes. Contrairement au prodige qui est un évènement extraordinaire, de caractère magique, le miracle se définit comme un fait extraordinaire, surnaturel qui aurait été accompli par une force divine et que personne, ni les scientifiques ni les médecins, ne peut expliquer.
Dans la religion catholique, le miracle est l'intervention directe de la puissance de Dieu. Il est un fait prodigieux, contraire aux lois de la nature et par définition contraire aux lois scientifiques. Il est un signe que des témoins peuvent percevoir et attester.
Pour les protestants, le miracle sert à authentifier, confirmer la foi du croyant ou confirmer que son message est vrai, conforme à l'écriture biblique. Dans l'Ancien Testament, plusieurs situations nous font comprendre que Dieu est au coeur de toute l'histoire humaine. Dieu est omniprésent et il règle chacune de nos actions ...
Plusieurs miracles eucharistiques se sont produits. Ensemble nous allons essayer de les voir afin de :
- raffermir la foi des baptisés, des croyants ;
- manifester l'amour et la providence de Dieu qui prend soin de la vie spirituelle de ses enfants.
Le miracle de Lanciano
Ce miracle eut lieu au début de VIIIe siècle. Il découle de la persécution dont l'Eglise a été l'objet de la part de l'empereur Léon III. En effet, de nombreux moines grecs ont dû se réfugier en Italie. Parmi eux, figuraient les moines basiliens disciples de saint Basile (329-379), évêque de Césarée de Cappadoce, dans l'actuelle Turquie orientale. Quelques communautés de ces moines trouvèrent asile à Lanciano.
Un jour, un moine, pendant qu'il célébrait la sainte messe, fut assailli de doute quant à la présence réelle de Jésus dans la sainte Eucharistie. En prononçant les paroles de la consécration sur le pain et le vin, il a assisté à la transsubstantiation du pain et du vin qui se sont transformés en chair et en sang de Jésus. Le vin consacré s'est coagulé en 5 grumeaux de grosseur inégale. Les caillots de sang sont de grosseur différente, mais, pesés individuellement, leur poids est identique à la somme des cinq (5) caillots réunis. Par ce signe, le Seigneur a-t-il voulu nous montrer ce que l'Eglise enseigne : « Le Christ est totalement présent dans chacune des plus petites parcelles de l'Hostie consacrée, dans la plus petite goutte de vin consacré ? » Devant ce miracle, il fut atterré, confus par un aussi grand et merveilleux miracle. Il resta un moment comme transporté dans une extase divine. Finalement, cédant la peur à l'allégresse spirituelle qui lui emplissait l'âme, avec un visage joyeux, baigné de larmes, se tournant vers les personnes présentes, il leur dit :
« O heureux fidèles auxquels le Dieu béni, pour confondre mon incrédulité, a voulu se révéler dans ce très Saint Sacrement et se rendre visible à vos yeux. Venez, frères et soeurs, et admirez notre Dieu qui s'est fait proche de nous. »
Un document de 1631 se référant au Prodige nous aide à entrer dans le monde intérieur de ce moine le dépeignant comme pas très ferme dans la foi, lettré des sciences du monde mais ignorant de celles de Dieu.
Cette chair et ce sang miraculeux ont été conservés et de nombreuses analyses ont été pratiquées au cours des siècles. On peut les vénérer aujourd'hui encore dans l'église San Francesco des Frères Mineurs Conventuels.
Désireux de vérifier l'authenticité du miracle de Lanciano, à l'époque actuelle, les Frères Mineurs Conventuels, avec l'autorisation de Rome, avaient demandé à un groupe d'experts d'examiner la chair et le sang coagulé. De novembre 1970 à mars 1971, des tests en laboratoire ont été pratiqués avec une extrême rigueur par les professeurs Odoardo Linoli et Ruggero Bertelli. En 1973, une commission médicale de l'Unesco a corroboré leurs résultats au cours de 500 tests qui ont duré 15 mois.
Les conclusions ont circulé dans des revues scientifiques du monde entier. En 1991, des analyses ont été répétées et sont parvenues aux mêmes conclusions :
1. les substances examinées sont réellement de la chair et du sang ;
2. la chair et le sang sont d'origine humaine ;
3. la chair est constituée d'un muscle en provenance du coeur (myocarde) ;
4. la chair et le sang sont du même groupe sanguin AB
5. le diagramme de ce sang correspond à du sang prélevé du corps d'un homme, le jour même ;
6. la chair et le sang sont exactement comparables à ceux d'un homme ayant existé réellement ;
7. dans les tissus organiques, on n'a relevé aucune trace de perméation d'une substance destinée à les préserver par momification ;
8. la façon dont cet échantillon de chair a été obtenu par dissection d'une partie du myocarde relève d'un talent exceptionnel de la part du praticien ;
9. aucun signe de début de corruption, bien que ces reliques aient été exposées durant des siècles à l'action d'agents physiques, atmosphériques et biologiques.
Durant plus de deux (2) siècles, la chair et le sang sont encore frais.
A côté de ce miracle dont l'authenticité n'est plus à démontrer, il y a lieu de faire état des autres qui se sont produits de par le monde. A l'heure actuelle, l'Eglise catholique parle de 132 lieux où des miracles eucharistiques furent advenus. Les circonstances sont très diverses. Il peut s'agir d'un doute chez le prêtre qui célèbre la messe (Lanciano, Bolsena), soit d'un sacrilège qui peut être délibéré (hostie volée en vue d'une profanation ou d'un usage de sorcellerie : Santorem, Portugal) ; par négligence coupable (un prêtre qui avec désinvolture met une hostie consacrée entre les pages de son bréviaire au lieu de la porter avec respect : l'hostie aurait saigné, Cascia en Italie, 1330) ; de façon purement matérielle, hostie tombée par terre à Douai en France ou encore le reposoir qui se serait enflammé (Faverney en Haute - Saône).
Par ordre chronologique, nous vous présentons quelques-uns de ces miracles :
• En 1254, à Douai (France) dans la Collégiale St Pierre, le visage du Christ est apparu dans l'hostie;
• En 1264, à Bolsena, province de Viterbe dans la région Latium en Italie centrale, dans un contexte un peu semblable à Lanciano, l'hostie changée en chair a saigné abondamment, et le sang a taché le corporal. Les reliques sont conservées dans la cathédrale d'Orvieto. Le pape Urbain IV s'y était rendu et en avait institué la fête du Saint Sacrement. Elle y fut proclamée solennellement l'année suivante;
• En 1300, à O Cebreiro en Galice (Espagne), le célébrant ne croyait pas à la présence réelle de Jésus. L'hostie et le contenu du calice se changèrent en sang et en chair. Près de 200 ans plus tard, la reine Isabelle fit faire un reliquaire de cristal. Les reliques sont toujours portées en procession chaque année pour la Fête-Dieu. Cet épisode est attesté par deux (2) bulles papales d'Innocent VIII (1487) et d'Alexandre VI (1496);
• En 1411, un prêtre qui célébrait la messe doutait de la transsubstantiation, vit le vin se transformer en sang. A l'occasion du 600e anniversaire de ce miracle produit en Ludbreg (Croatie), le pape émérite Benoit XVI avait nommé le cardinal Tomko comme son représentant personnel. Selon radio Vatican, ce miracle eucharistique fait l'objet d'une vénération pour les fidèles croates qui, au cours des siècles, ont été témoins d'innombrables guérisons;
• En 1608, à Faverney en Haute-Saône, l'hostie est restée en lévitation plus de 24 heures, à l'occasion d'un incendie. Des milliers de témoins l'ont constaté;
• En 1772, près de Naples, des quantités d'hosties volées furent miraculeusement retrouvées, en plusieurs fois, dans un champ, grâce à des lumières inexplicables.
• En 1995, à Buenos Aires (Argentine), une hostie tombée est mise de côté dans l'eau afin qu'elle se dissolve, elle se change en chair et en sang. Des analyses ont été effectuées. Le groupe sanguin AB dénote que c'est le rhésus d'un homme qui a beaucoup souffert (inflammation des cellules) et qui est vivant. Les globules blancs sont présents neuf (9) ans après (ce qui est aussi un miracle, car ils meurent rapidement);
• Les miracles qui se sont produits en Corée du Sud à Naju le 30 juin, le 1er et le 2 juillet 1995. En effet, lors de la commémoration du dixième (10e) anniversaire de l'épanchement de larmes dans l'église de Notre-Dame, Julia Kim, une voyante, lors de la communion a reçu la sainte hostie. Dans sa bouche, en lieu et place de l'hostie, un morceau de chair couvert de sang a été observé. Surprises et pleines d'émotion, beaucoup de personnes ont pleuré devant la réalité de voir elles-mêmes le Corps vivant et réel de Dieu;
• Le 22 septembre 1995, à Naju, Corée du Sud, à la messe célébrée par Mgr Roman Danylak, administrateur apostolique de l'Eparchie de Toronto pour les catholiques ukrainiens de Toronto (Canada) et évêque titulaire de Nyssa, Julia Kim a reçu la communion. L'hostie s'est changée en chair vivante d'un rouge foncé et elle saignait. Toutes les personnes présentes ont pu voir et vénérer l'hostie miraculeuse;
• Le 31 octobre 1995, au Vatican, au cours d'une messe célébrée par le Bienheureux Jean Paul II, en présence de Mgr Nam Ik Paik, de Julio, le mari de Julia, de Rose, sa fille et d'un séminariste et devant plusieurs autorités de l'Eglise et de quelques invités venus de France, l'hostie déposée sur la langue de Julia est devenue une substance visible, du corps et du sang de notre Seigneur;
• Le 7 novembre 1999 à Lourdes, lors d'une messe télévisée en direct célébrée en la basilique souterraine, eut lieu un phénomène tout à fait particulier.
La grande hostie de la célébration s'est soulevée d'elle-même au moment de la consécration (précisément à la première Epiclèse, c'est-à-dire à l'instant où, selon la foi catholique, Dieu envoie son Esprit sur le pain et le vin). Elle est restée suspendue, de manière immobile et statique pendant tout le temps de la prière eucharistique;
• Le 11 juin 2000, à la fête de la Pentecôte présidée par l'évêque Claudio Gatti, à la fin de la récitation de la formule de consécration du pain, du sang s'est mis à couler de l'hostie;
Dieu est vivant et omniprésent. Il est plus proche de nous qu'on ne le pense. Ne soyons pas des Thomas. Soyons comme l'aveugle-né qui, le premier, nous a fait sa profession de foi. Croyons en la Providence afin de pouvoir bénéficier des merveilles de Dieu.
Les miracles eucharistiques sont des signes visibles que Jésus donne afin de conduire les fidèles vers le mystère de sa présence réelle dans l'Eucharistie au-delà des apparences du pain et du vin. Par ces signes, Jésus soutient la foi et l'affermit à ceux que le signe est donné.
La multiplication des pains présentée par saint Jean au chapitre 6 est un signe visible qui préfigure l'Eucharistie, pain de la vie qui sera donné en abondance pour la vie de tous les hommes. La multiplication des pains est le premier miracle eucharistique.
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