Les présidents iranien et américain ont eu une conversation téléphonique vendredi. Barack Obama a pris l'initiative d'annoncer avoir parlé au téléphone avec son homologue iranien, Hassan Rohani. C'est la première fois depuis la révolution islamique en Iran qu'un dialogue de ce niveau se met en place. Le mal personnifié et le diable lui-même ont pu se parler sans s'entredévorer. Le même jour, les 15 membres du Conseil de sécurité ont adopté à l'unanimité un texte encadrant la destruction de l'arsenal chimique syrien du régime du président Bachar al-Assad. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a par ailleurs annoncé que la communauté internationale s'était fixée comme objectif d'organiser une conférence de paix sur la Syrie, dite de "Genève 2", "mi-novembre". Les revirements de situations de ce vendredi sont les premières grandes percées diplomatiques depuis le début du conflit en Syrie. De mars 2011 à nos jours, plus de cent mille personnes sont mortes dans les deux camps. Ce vendredi, les Haïtiens ont pris connaissance d'une décision de la Cour constitutionnelle de la République dominicaine. Selon un arrêté rendu public jeudi, les enfants de travailleurs haïtiens nés en territoire dominicain après 1929 ne sont pas en situation de réclamer la nationalité dominicaine. La nouvelle a été rapportée par une dépêche de Associated Press (AP) datée de Santo Domingo, traduite par Radio Kiskeya. Sur l'île, une nouvelle catégorie de citoyens vient d'être créée, les ni-ni. Ni Haïtiens, ni Dominicains. C'est près d'un siècle d'histoire que la Cour constitutionnelle de la République dominicaine veut réécrire. Elle veut briser des familles, va jeter le trouble dans les relations entre les deux pays. Haïti, qui a un ambassadeur sur le départ en République dominicaine, un remplaçant dont la nomination est bloquée, la crise des oeufs et des poulets qui cause encore des remous et une classe politique sous enquête de la part d'une commission bicamérale du Parlement dominicain sous l'accusation de corruption présumée dans l'affaire des contrats Bellerive-Bautista, est en mauvaise posture. Cette nouvelle affaire dominicano-haïtienne peut raffermir la cohésion nationale ou précipiter notre déconfiture. Ne perdons pas le sens de l'interêt national en dépit de tout.