Un saint est un homme ou une femme qui a vécu une vie de fidélité extraordinaire à Dieu, qui est donné en exemple au peuple chrétien pour sa vie héroïque et qui témoigne de l'action de Dieu au cours de son existence. Le saint n'est pas un héros, ni un demi-dieu, mais une personne dont le seul mérite est d'avoir été choisi par Dieu et de n'avoir pas fait obstacle à ce choix. Un saint c'est quelqu'un qui a pris conscience qu'il est aimé de Dieu, qui a attrapé le virus de l'amour, qui, nourri et vivifié par l'Esprit Saint va laisser croître et murir sa petite graine divine. Il est un malade de Dieu qui se drogue de son amour en se désintéressant complètement de lui-même pour réaliser sa vocation profonde, son rêve, en faisant totalement confiance à celui qui l'a appelé. Etre saint n'est pas qui le souhaite, le désire. Les saints ne sont que de simples mortels, comme vous et moi, qui sont appelés à la perfection, à la sainteté. Etre saint, c'est celui qui se donne à Dieu et se laisse envahir par lui. Comme le disait saint Paul, les saints ne sont que le reflet de la gloire de Dieu. Ils sont des aventuriers de l'essentiel. A l'instar de saint Vincent de Paul, les saints sont tous ceux qui cherchent à mettre Dieu dans leurs affaires, à faire une belle carrière. Dans chacun d'entre nous, il y a du divin... Dieu seul est saint et il se donne pour modèle. Le vrai saint est celui dont le coeur est rempli de la joie de Dieu, de la richesse de Dieu, de la volonté de Dieu. Il faut avoir un regard semblable à celui de Dieu, c'est-à-dire un regard qui ne s'arrête sur les apparences de l'extérieur mais qui scrute le fond de l'âme pour y demeurer. La vie de tout chrétien doit être moulée sur celle du Christ. Il nous appelle à le suivre, à lui ressembler. A son appel, on est libre de le suivre ou non. Les saints jouent un rôle important dans la foi catholique. Ils forment « l'Eglise triomphante», et intercèdent auprès de Dieu pour les hommes d'ici-bas (l'Eglise militante) et pour les défunts au purgatoire (l'Eglise souffrante). Comment peut-on atteindre la sainteté ? La sainteté, selon le Nouveau Petit Robert, se définit comme étant le caractère, la qualité d'une personne ou d'une chose sainte. Elle consiste à se remplir de la joie de Dieu, de la richesse de son amour et de la vérité de Dieu. Etre en état de sainteté, c'est d'avoir un regard semblable à celui de Dieu, c'est-à-dire un regard qui ne s'arrête pas à l'apparence mais qui va jusqu'au coeur. Pour ce faire, l'homme doit vivre ce niveau de vie à l'intérieur non manifeste, qui ne sera peut être reconnu par personne, mais qui est la vérité profonde de notre être, là où Dieu nous regarde, là où Dieu nous aime, là où Dieu vient habiter en nous. La sainteté consiste à vivre à ce niveau-là de nous-mêmes et non pas au niveau des apparences superficielles. La sainteté est avant tout un effort d'approfondissement, de recueillement et d'humilité. Etre saint, c'est ressembler à Dieu en toutes choses : pensées, sentiments, paroles et actes. La sainteté est à la fois un état et une vertu qui nous rendent agréables à Dieu et nous font poser des actes d'amour de Dieu et du prochain. Elle est la perfection chrétienne, c'est-à-dire la perfection des vertus théologales (foi, espérance, charité) et des vertus cardinales et morales qui les accompagnent. Elle s'exprime comme le désir et la vocation de tout homme à rejoindre le Christ dans un état que l'on nomme « communion ». Le trait le plus caractéristique de la sainteté est la charité, c'est-à-dire l'amour de Dieu par-dessus toute chose et l'amour du prochain comme soi-même. C'est un objectif auquel tous les baptisés sont appelés et qu'on atteint qu'au ciel, après avoir lutté toute sa vie, en s'appuyant sur l'aide de Dieu. L'Eglise catholique romaine nous propose des saints par la canonisation. Quand elle le fait, elle ne se base pas sur le fait que cette personne, de son vivant, avait eu des apparitions de la Vierge Marie ou de Jésus son Fils, ou parce que cette personne avait accompli des miracles, mais elle canonise parce que cette personne avait pratiqué, d'une façon héroïque, toutes les vertus. Les orthodoxes refutent l'idée de sainteté telle que pratiquée par les catholiques. Pour eux, la sainteté est une participation à la vie du Christ et les saints sont appelés ainsi dans la mesure où ils sont christophores, c'est-à-dire suffisamment humbles et obéissants en la personne du Christ pour représenter fidèlement son image et en être une icône. l'Eglise orthodoxe ignore la notion de bienheureux. Elle ignore également les procès en canonisation. Quelles sont les différentes étapes vers la canonisation ? Avant qu'une personne soit déclarée sainte, plusieurs étapes doivent être franchies. Tout fidèle catholique, toute personne baptisée peut demander l'ouverture d'un processus de béatification d'une personne décédée, ayant une réputation de sainteté, au plus tôt cinq (ans) après le décès de la personne. La première étape vers la sainteté se fait à travers ce que l'on appelle le « procès en béatification ». A ce compte, tout baptisé ou toute association de fidèles peut s'adresser à l'évêque de son diocèse. Lorsque le cas est accepté par l'évêque, une enquête préliminaire est menée. Le requérant appelé acteur choisit avec l'accord de l'évêque un postulateur, c'est-à-dire quelqu'un qui est chargé de promouvoir la cause, en montant le dossier. De façon plus courante, c'est un évêque qui prend l'initiative d'engager la procédure pour le fidèle qu'il juge méritant. L'enquêteur désigné par le diocèse a pour mission de prouver l'héroïcité des vertus du candidat à la béatification. Il se base sur trois (3) critères : a) Le martyr Dans la religion catholique, le martyr est le don suprême du chrétien qui endure la souffrance et la mort afin de ne pas abjurer sa foi. Les premiers saints de l'Eglise ont été presque tous des martyrs. Les exemples sont nombreux : saint Pierre, saint Paul, saint André, pour ne citer que ceux-là. b) Les vertus chrétiennes Les saints, les bienheureux ne sont pas forcément des martyrs. Il se pourrait que leur foi ait été démontrée par des vertus chrétiennes qui sont dans l'Eglise catholique la preuve que la sainteté n'est pas inaccessible à l'homme. c) Le rayonnement spirituel Là, il s'agit de prouver la bonne réputation du candidat. Les témoignages de ceux qui l'ont connu sont importants. Après les avoir recueillis, le postulateur les verse dans le dossier du candidat. Ce dernier est alors appelé « serviteur de Dieu » du moment où sa candidature a été retenue. A la fin de l'enquête au niveau diocésain, le dossier est fermé et scellé puis envoyé à Rome à la Congrégation pour les causes des saints. Il est à signaler que le pape approuve les décrets sur les vertus héroïques et sur les miracles des candidats à la béatification deux (2) fois l'an, soit avant Noel et en juillet. Lorsque le pape affirme que le « serviteur de Dieu » a réellement vécu une vie chrétienne héroïque, cette personne morte porte le nom de « Vénérable serviteur du Seigneur» ou «Vénérable servante du Seigneur». A ce stade, un miracle doit être produit à l'intercession de ce Vénérable pour que l'Eglise aborde la phase de béatification. En quoi consiste la Congrégation pour les causes des saints ? Connue auparavant sous le nom de Sacrée Congrégation des Rites, elle a été dissoute en 1969 et remplacée par la Congrégation pour les causes des saints. Elle est créée pour instruire les procès en canonisation. La procédure a été simplifiée et modifiée par Jean Paul II (Constitution Divinus perfectionis magister) en 1983. Elle est un des neuf (9) congrégations de la curie romaine. Elle administre l'ensemble des processus de béatification et canonisation des saints. Elle compte trente-quatre (34) membres, un promoteur de la foi, cinq (5) rapporteurs et quatre-vingt-trois (83) consulteurs. Ces derniers sont le plus souvent des historiens, des théologiens. Leur rôle consiste à examiner chaque élément du dossier du candidat appelé à la béatification. A suivre