Les images parvenues des Philippines depuis dimanche après le passage de Haiyan, l'un des typhons les plus puissants à avoir touché terre, laissent sans voix. Des vents dépassant les 300 km/heure se sont abattus sur l’archipel et une succession de vagues monstrueuses ont détruit des zones entières. Des villes ont été dévorées par les éléments en furie, des quartiers entiers rasés, effacés de la carte. On ne peut pas encore dénombrer les victimes de la catastrophe. Les images de cet archipel lointain ressemblent à ce qu’on pourrait voir en Haïti si un tel cataclysme nous frappait. Elles ressemblent aussi à ce que l’on découvre ici après chaque averse. L’échelle est cependant différente. Les Philippines sont dévastées. La situation aux Philippines nous replonge dans un univers connu de désolation. Là-bas le ciel s’est ouvert, a déversé des trombes d’eau et laissé souffler des vents en furie. Ici, la terre s’était mise à danser sous nos pieds. Aux Philippines comme en Haïti, c’est par milliers que l’on compte les morts. Quand une catastrophe naturelle vous empêche de mourir de mort naturelle, rien n’est plus surréaliste et cruelle. Il n’y a pas de mots pour décrire l’horreur. Contentons-nous d’avoir une pensée pour nos frères et sœurs d’infortune et des gestes de compréhension pour tous les Philippins vivant en Haïti en ces temps de grand deuil. Nous aussi, nous sommes philippins.