Résoudre les problèmes du pays « pa sou beton, men anndan kay », a dit Kesner Pharel Face aux querelles grandissantes entre les pouvoirs de l’Etat et aux menaces de chambardements exprimées par l’opposition pour janvier 2014, l’historienne pense de son devoir d’inviter ceux qui engagent l’avenir de la nation à revoir notre histoire pour prendre davantage conscience des conséquences de leurs options sur l’économie et la dépendance du pays. Son message n’a jamais changé : seule l’union constructive peut sauver le pays. Pensent-ils aux conséquences qu’aurait une table rase pour ce pays exsangue et dépendant, face à un voisin que nos divisions et notre misère rendent audacieux et menaçants ? A lire notre histoire, on se demande comment des hommes aussi cultivés que les Salomon (nationaux) et les Bazelais (libéraux) ont pu mener des luttes fratricides alors que leurs projets – agriculture versus industrie- réclamaient une mise en commun pour faire avancer le pays. Le comportement à reprendre est bien celui UNIFICATEUR du président Hyppolite qui avait compris l’importance du faire ensemble : «…Cette politique d’unité est payante…Le marché Vallière ou Marché en Fer symbolise son passage constructif au pouvoir… » Malheureusement, après lui, la politique traditionnelle de division avait repris le dessus…On utilise les CACOS…On se bat pour le pouvoir, on renverse les chefs d’État; on arrive avec la fin tragique de Vilbrun Guillaume Sam, à l’occupation américaine. En 1986, après 29 ans de dictature dure –qui aurait dû être suivie par une mise au pouvoir d’un UNIFICATEUR comme Hyppolite-, on reprend la politique traditionnelle de division, de renversement de gouvernements, de kraze-brize, même de destruction d’écoles ! de brulis de pneus: « se pa anndan lakay, men nan lari nou fè politik » jusqu’à aboutir à un embargo assassin de 3 ans qui ruine notre économie déjà faible et à une nouvelle occupation : vingt mille soldats américains débarquent pour assurer le retour à l’ordre constitutionnel. Suit l’intervention des Nations unies. Est-ce ce que nous voulons ? Des sanctions ? Et non seulement le maintien, mais le renforcement de la Minustah? Les leçons de l’histoire sont claires et nettes : Il n’y a pas d’autres voies de salut que s’unir pour produire de la richesse. C’est ce qu’ont fait nos voisins. Les Haïtiens doivent s’engager dans cette voie du dialogue pour que revive l’image d’une Haïti belle et accueillante, celle présentée par Hyppolite, Estimé et Magloire; image que s’efforcent de promouvoir le secteur privé, le gouvernement et une active et entreprenante diaspora. Nous semblons oublier Port-au-Prince et Pétion-Ville après cette catastrophe du 12 janvier 2010…Ces camps aux latrines étalées en face d’hôtels 2 et 3 étoiles, les déclarations « d’utilité publique » annulant toute tentative de reconstruction des entreprises de la ville de Port-au-Prince ...Seule Pétion-Ville pouvait être nettoyée et accueillir des visiteurs, en commençant par ceux venus nous aider. Il faudra un long temps de stabilité politique pour que se multiplient les investisseurs. Si de grandes chaînes d’hôtels, comme le BEST WESTERN, LE HILTON, investissent aujourd’hui en Haïti, cela signifie qu’elles constatent que la capacité d’accueil du pays a nettement augmenté. Allons-nous détruire cette vision? Revenir à janvier 2010 ? Certains, comme la sénatrice Edmonde Bauzile, l’ex-sénateur Anacacis, notre ami Amary Joseph Noël proposent la recherche de compromis. Avançons dans cette voie sage, prudente, constructive que souhaite aussi la majorité nationale pour voir enfin les chantiers se multiplier, les emplois créés, son sort s’améliorer. L’instabilité politique, c’est la fin de ce rêve. Que cette masse de petits partis politiques en arrivent à s’UNIR pour constituer des forces de pression constructives. Il en faut pour acculer nos dirigeants à respecter les prescrits de la Constitution. Quand nous l’expulsons du pouvoir, c’est l’étranger qui décide à notre place. Cette loi inique votée par le Conseil constitutionnel dominicain doit nous ouvrir les yeux sur bien des réalités. La politique étrangère- bien menée, dit-on - fait que l’acte de nos voisins est condamné par l’OEA, la CARICOM…et une enquête sera menée su leur territoire. Toutefois, il est impératif pour nous, Haïtiens, de constituer une NATION et de penser aux nombreux contentieux qui existent entre les deux pays pour chercher les meilleures options possibles. La frontière vient d’être fermée durant une semaine au détriment des uns et des autres. Elle ne peut l’être indéfiniment. Parmi les problèmes, citons : - l’importation de produits divers (œufs, poulets…); - des contrats signés avec des compagnies dominicaines dans le domaine de la construction, tant par le gouvernement que par le secteur privé, avec importation d’ouvriers et de matériaux dominicains; - la montée des eaux des lacs Azuei et Enriquillo; - la situation, parfois difficile, en territoire dominicain, de milliers d’étudiants haïtiens, d’ouvriers dans la construction; de travailleurs dans les bateys et aujourd’hui des milliers de Dominicains devenus des apatrides ; - une usine sucrière que nos voisins envisagent d’installer dans le Nord-Est; - surtout une frontière, répétons-le, que nous ne pouvons défendre. Soyons-en conscients. Cette situation conflictuelle doit être résolue pour que l’on arrive à vivre en paix et même amicalement avec nos voisins. C’est difficile. Ce sera toujours difficile, tant que nous serons un pays mendiant et dépendant. Nous ne pouvons relever le défi qu’en présentant au moins un front uni. SAGEMENT, décidons : plus de kraze-brize, plus de brulis de pneus, encore moins d'écoles plus de chambardement de gouvernement… mais des tables rondes de personnes ressources pour chercher les compromis possibles SANS DELAI. Pour éviter le pire, il faut : 1) que le président entende les voix de sages –telles celles relevées dans deux textes du Nouvelliste du mercredi 16 octobre: -La société civile met en garde; - L’Eglise épiscopale d’Haïti exprime ses préoccupations; 2) que nos hommes politiques entendent les sages conseils de l’Eglise catholique exprimés par Mgr Dumas : penser aux conséquences de leurs options pour le pays et pour la majorité nationale. Enfin : « Le président doit être le plus sage de tous les sages », suggère son conseiller, l’ex-sénateur Joseph Lambert. A BON ENTENDEUR SALUT !