La reprise des négociations politiques pointe à peine à l’horizon que déjà leur perspective s’éloigne. Pour au moins une semaine, le pays devra attendre. Chaque camp a des impératifs qui l’empêche de les faire avancer aussi vite que le mérite la situation.
D’importants membres de Religions pour la paix, le médiateur et facilitateur dans la recherche de la sortie de crise, doivent quitter le pays cette semaine pour participer à une rencontre internationale.
Le président de la République, Michel Martelly, doit partir. Il doit se rendre pour trois jours à la Jamaïque, apprend-on ce soir dans un article publié par un journal de Kingston.
Des sénateurs, membres importants de l’opposition au pouvoir en place, doivent aussi quitter la capitale pour participer à des réunions à l’étranger. Tous ces départs d’importants acteurs ne sont que des détails. Ce qui manque surtout pour lancer les négociations, c’est un agenda clair et précis.
On tourne encore autour du petit pot de la division. Les parlementaires et le président Martelly ont au moins un point d’accord : plus question de réclamer un mandat des présidents des deux chambres comme préalable à toute discussion, claironnent des sources proches des protagonistes.
Si le jour de la reprise des négociations n’est pas connu, l’heure tourne. Les annonces de nouvelles manifestations se multiplient de la part de ceux qui estiment que tous pourparlers sont superflus.
Après le succès d’estime et le coup politique de la manifestation « Dessalines rend visite à Pétion » jeudi dernier, c’est une date historique, le 18 novembre, qui va servir de toile de fond aux prochaines sorties de l’opposition anti-Martelly.
Le 18 novembre, les rendez-vous sont donnés sur le béton au Cap-Haïtien et à Port-au-Prince.
La Police nationale d’Haïti, par manque d’effectifs, rechigne à accompagner les manifestants du Cap, annoncent les autorités policières. Les manifs servent les négociations dans le sens qu’elles poussent les incrédules à l’action et les tièdes vers la table ronde de la concertation. Même les faucons les plus excités calment leurs ardeurs quand ça chauffe.
Tout le monde sait que mieux vaut les mots que les morts, les bulletins de vote que les balles. Entre négociations et manifestations, le chemin est étroit et le fil mince.
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