La paix est un des bienfaits les plus souhaités, les plus recherchés. Elle conditionne même la santé globale, et la paix publique est nécessaire à l’investissement, donc à la création d’emplois et au bonheur du citoyen. Notre pays connaît,malheureusement, depuis trop longtemps, des troubles sociopolitiques qui contribuent davantage à perturber la paix des cœurs, la paix des esprits et à créer plus de pauvreté. Les crises politiques créent un terrain propice au banditisme. Il y a ainsi des altercations entre individus, des échanges publics de propos désobligeants, des actes de violence isolés avec leurs fâcheuses conséquences. Certaines personnes décèdent par suite du stress ambiant, d’autres sont froidement assassinées. Face à cette crise, plus d’un souhaite un dialogue sincère entre les antagonistes en vue d’un accord équilibré pour arriver à la paix. Certains belligérants, à l’occasion de la Noël et des fêtes de fin d’année, ont l’habitude d’adopter une trêve, c’est-à-dire une suspension temporaire des hostilités. Noël est, en effet, une période de réconciliation, une période où l’on souhaite la paix. Mais comment arriver, au-delà de cette trêve, à la paix durable? Comment peut-on arriver à faire passer ses points de vue, à exprimer son désaccord, à défendre ses intérêts sans se montrer grossier, sans susciter des conflits, sans attiser le feu de la guerre ? Un prêtre racontait un jour, dans son homélie, l’histoire d’une marchande. Quand celle-ci fixait le prix d’un article, si un client lui proposait un prix inférieur, elle lui lançait les pires jurons, de telle sorte que ce client pouvait même oublier son propre nom. Cette dame allait, toutefois, régulièrement à l’église. Un beau jour, elle avait changé de comportement. Touchée par la grâce divine, elle arrive à dire non avec courtoisie et à respecter le droit des autres. Si elle demande 3 000G pour une marchandise et qu’on lui offre 2 000G, elle était en mesure de répondre au client : « Chéri, m pa kapab, ban mwen 2 600G, ma we sa’m ka fe pou ou ». Elle était devenue plus tolérante, plus polie et pouvait ainsi considérer les autres avec plus d’égards, plus de fraternité et d’humanité. Comme citoyenne, c’est ce sens du respect des autres, cette fraternité que je cherche et que j’aimerais trouver, particulièrement chez nos hommes politiques sur lesquels sont fixés tous les regards, puisqu’ils représentent des modèles pour nos enfants et nos jeunes. Certains leaders politiques vont, sans doute, donner des cadeaux aux enfants pour la Noël. Les autorités politiques vont assurément faire de même. Il faut cependant, en plus des cadeaux, plus d’amour, plus de sincérité les uns envers les autres. Une petite m’a dit récemment : « manman’m kale’m jou fèt mwen ». Sa mère lui a acheté pourtant un gros gâteau et des jouets ce jour-là. Or, cette enfant manifestait le besoin d’avoir plus d’affection, plus d’attention, plus d’amour. C’est cette attention, cet amour que nous demandons à nos dirigeants, nos hommes politiques, non seulement pour la période de Noël, mais en tout temps. Je leur saurais gré de cesser autant que possible toutes déclarations publiques intempestives, toutes actions susceptibles de nuire à un accord de paix juste et équitable, et à la paix publique. Je reconnais qu il y a beaucoup de citoyens qui travaillent dans le sens de la paix et je les encourage à continuer. Je salue aussi les activités de sensibilisation à la paix menées par la police communautaire de la Police nationale d’Haiti . Nous avons besoin de cette paix pour nos enfants. Or, les enfants se sentent en paix et en sécurité seulement quand leurs parents le sont. ô, combien d’enfants devront encore pleurer la mort d’un père, d’un frère, d’un oncle, d’un parent quelconque disparus dans un contexte de violence? ô, combien d’hommes politiques devront traîner avec eux la culpabilité de tous ces meurtres! Nous avons besoin de cette paix pour nos familles, nos amis, nos voisins. J’ai parlé à des gens qui sont déjà très inquiets pour l’avenir. J’ai demandé à une amie des nouvelles du pays pendant que j’étais récemment à l’étranger. Elle m’a répondu : « pas de nouvelles, no stress ». J’hésite aussi à écouter les nouvelles pour les mêmes raisons. Pourtant, j’estime que c’ est un devoir pour moi d’être informée des nouvelles mesures prises par les décideurs politiques de mon pays dans les domaines concernant la création de la richesse, la justice, l’éducation, la santé, etc. Tout comme les enfants, moi aussi, j’aimerais trouver un peu de paix pour mon pays, ma famille et moi-même. Qu’on se le rappelle bien! « L’enfant est le père de l’homme ». Alors, pour tous nos enfants dont le pays a tant besoin et que nous devons former et ménager afin qu’ils ne reproduisent pas le système que nous prétendons combattre, pour nos familles, pour les jeunes qui doivent réapprendre à espérer, pour notre pays, donnons nous un Noël de paix et œuvrons pour une paix durable. Nous le pouvons, nous le méritons. JOYEUX NOEL A TOUS Rose Laure Brierre Oiseau_violet@yahoo.com